La planète des singes – Pierre Boulle

Y a-t-il des êtres humains ailleurs que dans notre galaxie ? C’est la question que se posent le professeur Antelle, Arthur Levain, son second, et le journaliste Ulysse Mérou, lorsque, de leur vaisseau spatial, ils observent le paysage d’une planète proche de Bételgeuse : on aperçoit des villes, des routes curieusement semblables à celles de notre Terre. Après s’y être posés, les trois hommes découvrent que la planète est habitée par des singes. Ceux-ci s’emparent d’Ulysse Mérou et se livrent sur lui à des expériences. Il faudra que le journaliste fasse, devant les singes, la preuve de son humanité…

Qui ne connaît pas La planète des Singes. Au moins avons-nous vu un épisode de la série ou même un film. Un récit de science-fiction passionnant dans lequel un groupe de chercheurs parti à la conquête de l’espace découvre une planète habitable. Ils y découvrent que la planète est habitée par des hommes et des femmes, mais aussi que la planète est dominée par des singes pourvus de la parole. Rapidement, ils se rendent compte que les hommes et les femmes sont des proies faciles pour ces singes intelligents qui mènent sur ces cobayes des expériences.
Ce roman est une histoire fantastique qui vous mène dans une science-fiction visionnaire dans lequel l’homme est victime de son avancée sur les animaux. Et la confrontation entre les deux espèces intelligentes est une approche menée par l’auteur très intéressante, qui si le roman est lu au deuxième degré nous pousse à la réflexion.
Les personnages sont intéressants et complexes. L’attention est particulièrement poussée par l’auteur sur Zira et le professeur détenu, mais aussi sur un des personnages secondaires comme Nova. C’est parfois même dérangeant de découvrir des animaux avec des caractères et des expressions identiques à ceux d’un humain, mais c’est l’attrait de cette peur… primale.
Le style est typique des années d’après-guerre, ce qui pourrait en rebuter quelques-uns, mais la lecture se fait facilement avec beaucoup de plaisir. Le roman n’est pas très long et se lit très rapidement. Un roman qu’il faut au moins avoir lu une fois. Un très bon roman, une fantastique histoire sur l’homme et sa liaison avec l’animal.

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Nexus – Ramez Naam

nexus2040. Le monde est plus que jamais en proie aux dérives technologiques. Les agences gouvernementales sont déterminées à éradiquer toutes les recherches scientifiques pouvant constituer un danger pour l’humanité. Parmi ces menaces : NEXUS, une nano-drogue qui permet à ses consommateurs de connecter leurs cerveaux. Kade, un jeune et brillant biologiste, considère cette drogue comme un immense progrès pour la société, offrant des possibilités de communication illimitées. À l’aide d’une poignée d’amis, et malgré l’illégalité d’une telle entreprise, il parvient à l’améliorer. Mais ses recherches attisent bientôt les convoitises… Des couloirs universitaires aux coulisses du pouvoir ; du siège d’une agence d’élite de Washington à un laboratoire secret de Shanghai ; des fêtes clandestines de San Francisco aux marchés illicites de biotechnologie de Bangkok, en passant par un monastère bouddhiste, Nexusmet en scène avec brio notre univers au bord de l’implosion.

Dans moins de trente ans, une nouvelle drogue permet à ceux qui l’ingèrent de pouvoir communiquer entre eux par l’esprit. Mais un groupe de jeunes pirates de l’informatique détournent ce Nexus 3 pour l’améliorer et permettre de communiquer de manière illimité, de contrôler l’autre aussi. Malheureusement, les services secrets comptent s’approprier cette nouvelle version pour éviter qu’elle ne se propage et devienne incontrôlable.

Ce roman de science-fiction est une vision de l’auteur par rapport aux dernières découvertes technologiques et scientifiques. Alors qu’actuellement, il est possible d’informer le cerveau d’influx nerveux par des électrodes implantées, il sera peut-être alors possible de le faire uniquement en s’injectant un produit. Est ce que cette vision est crédible ? Pour ma part, cela pourrait être une nouvelle avancée, mais rien de bien innovant finalement. On y découvre aussi des personnes génétiquement modifiés s’appelant d’eux mêmes des posthumains. Serons nous supplantés par une nouvelle race d’humains génétiquement supérieur. Découvrirons-nous l’horreur d’être indiens, juifs ou noirs dans des périodes de génocides de masse ? L’homme étant ce qu’il est, alors oui, si sa vision est juste, il faut sacrément s’inquiéter.

L’histoire quant à elle est assez lente, parfois un peu molle, et sans rebondissements. Le roman s’éternise de temps en temps sur des détails sans intérêt et finalement, il faut attendre le dernier quart du roman pour avoir un peu d’actions, mais le mal est fait, rien ne se passe. Le roman est un conflit politique entre les services secrets américains, chinois, thaïlandais et des personnes comme un jeune pirate informatique, une posthumaine et une agent génétiquement modifiée.

Le roman est assez ennuyeux, avec un faible intérêt. Il ne révolutionnera pas son genre.

Je remercie Babelio et Presses de la cité pour ce partenariat.

babelio

La maison enragée – Richard Matheson

maisonenrageeA portée de main, au coin de la rue, dans la pièce d’à côté, un monde étrange, effrayant et absolument incontrôlable côtoie le nôtre. Tout semble normal. Terriblement normal. Mais c’est faux ! Le quotidien remue, frémit, craque. Et quand il explose… Les maisons ne sont pas hantées, elles ont une vie propre. Nos rêves ne nous appartiennent pas. Pas plus que nos pensées. Les objets les plus familiers, comme nos vêtements, guettent, dans une innocence qui n’est qu’apparente, notre première faiblesse. Toute réalité dissimule, trompe, attend son heure. Monstrueuse supercherie ! Nulle fuite. Nul espoir sinon celui de survivre à l’horreur la plus absolue.

Ce recueil de Matheson fournit quelques nouvelles de science-fiction écrites dans les années 50. L’écriture de l’auteur est d’une fluidité et d’une facilité assez déconcertante et malgré le décalage entre ses textes et notre environnement contemporain qui ne se joue que sur quelques détails les nouvelles sont d’une grande richesse imaginaire.
La plupart se situe dans un futur éloigné et d’autres se situe à l’époque de leur écriture. Tantôt nous découvrons la sophistication poussée à l’extrême comme ses jeunes se faisant droguer pour rêver d’un monde différent et moins ennuyeux, ou comme la domination des femmes, sur Terre comme sur Mars, tantôt, nous nous retrouvons dans les années 50 où des hommes sont confrontés à un enlèvement de terriens comme cet homme possédé par ses vêtements. Une des nouvelles pourtant nous semble différente, construite différemment et surtout loin de l’univers de science-fiction que Matheson adore. C’est la nouvelle éponyme La maison enragée où nous découvrons un homme colérique transmettant sa haine aux objets qui l’entourent. Il s’agit plus d’un thriller psychologique intelligemment pensé.
Ces nouvelles sont finement travaillées et démontrent une capacité visionnaire comme quelques grands écrivains comme Asimov ou Bradbury.
Il est des récits qu’il faut absolument lire et découvrir pour leur vision du futur ahurissante de vérité, ce recueil en fait partie.

Les chroniques du Radch 1. La justice de l’ancillaire – Ann Leckie

justiceancillaireRien ne peut arrêter l’expansion de l’empire radchaaï. Chaque connexion fournit des armées supplémentaires, les ancillaires, des captifs à la conscience détruite changés en troupes de choc, des marionnettes animées par l’intelligence artificielle des vaisseaux de guerre de l’empire. L’un de ces vaisseaux, le Justice de Toren, a été détruit, victime d’un complot au plus haut niveau du pouvoir. Mais son IA est parvenue à s’échapper et à s’incarner dans le seul ancillaire rescapé du massacre. Dix-neuf ans plus tard, sa vengeance est sur le point de s’accomplir…

Ce premier roman d’une saga se déroulant dans l’espace nous propose un récit de science-fiction. Dans un avenir très lointain, alors que l’humain est biologiquement modifié, technologiquement amélioré, les êtres vivent des centaines d’années. Un empire est en train d’annexer tous les systèmes qu’il croise. Imposant sa religion, se fournissant en esclave qui seront reconditionnés et deviendront des ancillaires. Des êtres connectés, dociles. Mais un de ces ancillaires se retrouvent séparés de son unité centrale et parcourt l’univers à la recherche de son ennemi.
Le récit commence très lentement, s’étalant pour nous faire comprendre et saisir l’univers dans lequel se déroule le roman. C’est assez lent, et l’histoire débute presque à la moitié du roman, laissant une longue lassitude s’installer. Ensuite, l’utilisation du pronom féminin pour tous les personnages devient rebutant. Pourquoi ennuyer le lecteur pour un détail insignifiant et que l’auteur cherche à mettre en avant au point parfois de rendre la lecture compliquée.
L’histoire en elle-même est finalement très simple et prend énormément de détour pour arriver au dénouement. La moitié du roman devient inutile et l’auteur est plus dans le sentiment que dans l’explication technologique des avancées dont elle a la vision. Il aurait été préférable d’expliquer plus longuement les l’histoire de l’empire, la technologie au lieu de s’enliser dans les sentiments stériles d’un « semi-robot ».
Le roman est assez décevant, avec beaucoup de longueur mais…
Je remercie Babelio et J’ai lu.

babelio

Après la vague – Alexander Key

apreslavagueLes cris des oiseaux marins, ses seuls amis, et les petits galets qu’ils laissaient tomber sur sa hutte, tirèrent Conan du sommeil dès l’aube. A quatre pattes, il sortit précipitamment, et courut jusqu’à la plage étroite, persuadé qu’un banc de poissons s’était aventuré dans l’un de ses pièges. Les oiseaux le prévenaient toujours de cette façon lorsque le poisson était pris au piège, mais il ne tarda pas à découvrir que ceux-ci étaient vides, et les mouettes et les sternes continuaient de tournoyer à ses côtés, en poussant de grands cris. Qu essayaient-ils de lui faire comprendre ?

Ce récit se déroule dans un monde similaire au notre après une catastrophe planétaire. Suite à un réchauffement climatique, les eaux des océans ont monté, des tremblements de terre provoquent des tsunamis régulièrement, et des hommes sont doués de pouvoirs télépathes. Certaines communautés se sont formées sur des îles pour tenter de survivre. Mais un Ordre Nouveau est né, tentant de prendre le contrôle de toutes les îles de rescapés. Ils sont à la recherche d’un Professeur qui pourrait les aider à retrouver un niveau technologique satisfaisant, car sinon, l’humanité est vouée à faire un bond en arrière de plusieurs siècles.
Ce roman américain assez court, se lit très rapidement et est d’une fluidité impressionnante. L’univers dans lequel se déroule ce récit pourrait être tout aussi bien notre planète et les catastrophes qui semblent devoir se produire si la pollution perdure au point de faire fondre les calottes glaciaires.
Le personnage principal, Conan, est un jeune homme plein de ressources, intelligent et agile, il est attachant dans son caractère parfois hésitant, qui parfois doute de lui-même. Les personnages secondaires ne servent qu’à renforcer l’image du héros qui est là pour devenir ce que le Professeur attend de lui. Nous découvrons un Ordre Nouveau totalitaire fonctionnant sur la délation pour conquérir des privilèges et les faire perdre aux autres. Entre une société où tous les coups sont permis et les idées très fraîches de liberté de Conan, il y a deux mondes qui s’affrontent. Finalement, on est en droit de se demander pourquoi le genre de société comme l’Ordre Nouveau fonctionne aussi bien alors que personne ne la souhaite.
Après la vague est un roman qui complète à merveille la collection Littératures chez les Forges du Vulcain en proposant un récit post-apocalyptique intéressant.
Je remercie Libfly et Aux Forges du Vulcain pour ce partenariat.
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La machine à explorer le temps – Herbert George Wells

lamachineUn inventeur de génie met au point une machine extraordinaire pour se déplacer dans le temps. Lorsqu’il atterrit dans le futur, la banlieue de Londres comme la paisible campagne anglaise ont bien changé – sans parler des Anglais…

Ce roman, écrit à la fin du XIXème siècle, est un récit de science-fiction passionnant et complètement innovant, pour l’époque à laquelle il a été écrit, et même de nos jours, car il aurait très difficile de pouvoir faire mieux.

Un groupe d’amis est réunit autour d’un savant créatif qui prétend avoir créé une machine pouvant voyager dans le temps. Ce savant fait le récit de son voyage dans un avenir très lointain. Les descendants des hommes sont devenus des êtres sans doux et tendres, sans aucune agressivité, ni haine. Mais au fur et à mesure de son périple, il se rend compte que la vérité est différente.

Ce roman est d’une fluidité et d’une facilité déconcertante. Le savant démarre sur la théorie d’une quatrième dimension et d’un déplacement possible dans le Temps. Il a, déjà, quelques décennies d’avance sur des théories proposées par les plus grands cerveaux du XXème siècle.

Il y décrit aussi un monde où la race humaine est arrivée à son apogée et décline lentement. Les êtres doux sont sans crainte ni intelligence et sont la cible, la nuit, d’autres descendants nocturnes, dégénérés et cannibales. Les premiers, insouciants, ne font que prendre du plaisir et s’adonne toute la journée à des jeux enfantins. Les autres, travailleurs souterrains, sont violents, dans leur apparence et leurs intentions.

On imagine aisément comment tant d’écrivains et de cinéastes se seront inspirés de ce roman tellement il est finement travaillé et frôle la perfection.

Un récit de science-fiction comme rarement vous en lirez. A lire et à relire…

Chroniques martiennes – Ray Bradbury

chroniquesmartiennes« »J’ai toujours voulu voir un Martien, dit Michael. Où ils sont, p’pa ? Tu avais promis.- Les voilà », dit papa. Il hissa Michael sur son épaule et pointa un doigt vers le bas.Les Martiens étaient là. Timothy se mit à frissonner.Les Martiens étaient là – dans le canal – réfléchis dans l’eau. Timothy, Michael, Robert, papa et maman.Les Martiens leur retournèrent leurs regards durant un long, long moment de silence dans les rides de l’eau…»

Les Chroniques Martiennes est un recueil de nouvelles qui s’étalent dans le temps, une trentaine d’années, dès les années 2030, lorsque la première fusée habitée atterrit sur Mars.
Ces nouvelles ont, chaque fois, un personnage principal différent, et raconte la découverte et la vie sur Mars. Ray Bradbury ne propose pas ici un texte de pure science-fiction comme vous pourrez lire avec Isaac Asimov mais raconte plutôt la rencontre d’explorateurs avec un nouveau monde à explorer mais non vierge.
Il faut y lire plus une critique de l’homme occidental et de son comportement lorsqu’il découvre et explore de nouvelles contrées qu’un vrai texte de science-fiction, car dans l’absolu, Mars pourrait être une région désertique de la Terre, le texte ne changerait pas de beaucoup.
L’homme arrive avec ses virus, sa religion, et décime un peuple, l’homme bâtit, détruit, et s’enfuit en laissant derrière lui un monde dévasté. L’homme est un colonisateur destructeur. Les quelques nouvelles traitant de science-fiction sont relatives au Temps qui permet à deux entités de se rencontrer malgré les millénaires qui les séparent ou à la projection visible de sa propre folie.
Ces nouvelles sont écrites de manière fluide et sans lourdeur. Le plaisir réside dans cette lecture facile. il est toujours aussi impressionnant de lire du Bradbury et de se rendre compte quel esprit visionnaire il pouvait avoir. Bradbury est décédé alors que l’homme envoyait ses premières sondes exploratrices sur la planète rouge. En 2034, certainement que des hommes fouleront le sol de Mars. Bradbury l’avait écrit bien avant que l’homme ne marche sur la lune.

Fahrenheit 451 – Ray Bradbury

fahrenheit451 degrés Fahrenheit représentent la température à laquelle un livre s’enflamme et se consume.Dans cette société future où la lecture, source de questionnement et de réflexion, est considérée comme un acte antisocial, un corps spécial de pompiers est chargé de brûler tous les livres, dont la détention est interdite pour le bien collectif.Montag, le pompier pyromane, se met pourtant à rêver d’un monde différent, qui ne bannirait pas la littérature et l’imaginaire au profit d’un bonheur immédiatement consommable. Il devient dès lors un dangereux criminel, impitoyablement poursuivi par une société qui désavoue son passé.
 
Ce roman de Ray Bradbury, l’un des auteurs de science-fiction les plus visionnaires du XXième siècle, trace ici l’histoire d’un homme qui, dans une société où le citoyen se doit d’être heureux, commence à réfléchir et à sortir du lot, celui de la masse abrutie par les médias.
Le roman utilise une trame travaillée au millimètre près. Le lecteur se plonge dans la vie du personnage de Montag, un pompier dont la fonction n’est plus de sauver les gens mais d’embraser les livres, objets d’une culture impie, dans un futur qui se veut proche.
La quête de la vérité par ce Montag, mis en valeur par son opposé, sa femme Mildred, nous fait penser indéniablement à 1984 de Georges Orwell. Le personnage principal vit dans une société dont l’objectif est de rendre heureux ses citoyens en occultant tous les objets qui pourrait le faire douter. Mais si l’un de ses citoyens remet en question le fondement de cette société, il se doit d’être éliminer.
L’un des passages les plus frappants du roman est le monologue du supérieur hiérarchique de Montag, le capitaine des pompiers. Il y décrit l’évolution de la société par la popularisation des livres et des émissions, en diminuant progressivement le niveau intellectuel, jusqu’à l’abrutissement le plus total des citoyens. Il faut avouer qu’en allumant sont petit écran, les informations sont réduites au minimum, les jeux télévisés pullulent et les séries se multiplient. Et dans votre librairie préférée, les petits livres de cuisine remplacent les pavés de recettes, les mauvaises sagas littéraires remplacent les très bons romans. Il faut s’abreuver de quantités astronomiques pour retrouver le plaisir si goûteux d’un seul récit.
Cette société dans laquelle vit Montag à trouver la solution pour éviter aux minorités de se sentir minorité. En éliminant tous les écrits qui pourraient les différencier jusqu’à finalement éliminer tous les écrits. Les minorités deviennent normales, et la différence n’existe plus. Tout le monde est heureux dans le meilleur des mondes.
Ce roman pousse à la réflexion, au constat de notre société actuelle, et à son avenir, qui semble malheureusement tout tracé.
Un auteur indémodable, un roman magnifique écrit il y a près de soixante ans, dont la vision, tellement proche de la réalité, fait froid dans le dos.

Sales bêtes ! – Collectif

salesbetesCe Sales bêtes est un recueil de nouvelles qu’une association propose en quêtant auprès d’artistes de tous genres des textes et des illustrations. Après le « petit » succès de leur premier constat sur la fin du monde, cette fois-ci, nous entrons dans l’univers bestial, celui des petits insectes jusqu’aux monstres, qui sont en nous.
Le recueil est composé d’une quantité non négligeable de nouvelles, certaines courtes, d’autres longues, et d’un niveau relativement correct pour un travail « amateur » – sans vouloir être péjoratif bien entendu. Certains textes sortent du lot par leur construction et la qualité de narration, mais aussi par leur originalité. Vous ferez votre choix à la lecture de ce recueil mais deux nouvelles sont intéressantes. La première traitant d’hommes revenant sur la Terre originelle, la seconde nous raconte l’histoire de Thor, un enfant né d’une vache au faciès de taureau et au corps humain. Allez, une troisième nouvelle semble sortir son épingle d’un jeu qui se veut très serré, où un jeune homme, au bec de lièvre, découvre un lieu étrange aux surprenants « pratiquants ». Bon, en fait, il faut lire ce recueil car sortir une ou deux nouvelles pour en discuter n’est pas aussi facile que ça.
Ce recueil a aussi l’atout intéressant de se lire facilement et d’agrémenter votre imagination d’illustrations fantastiques.
Nous ne pouvons que souhaiter un plus grand succès à ce recueil, qui réunit différents genres artistiques. Le prochain recueil donne déjà envie.
Une idée folle, pour des artistes un peu cinglés, destinés à des lecteurs de mauvais goût. Pari réussi.

Je remercie Les artistes fous associés pour ce partenariat.

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Frankenstein ou le Moderne Prométhée – Mary Shelley

frankensteinFrankenstein est un roman original à plus d’un titre. Sa première version, publiée sans nom d’auteur, a été écrite par une jeune femme de 19 ans. Le livre est considéré, en outre, comme le dernier roman gothique et comme l’un des tout premiers romans de science-fiction. Il raconte l’histoire d’un « savant fou », Victor Frankenstein, qui, par ambition démesurée, en vient à créer un être humain à partir de cadavres et d’une « étincelle de vie ». Ce sera, hélas, le point de départ de nombreux malheurs…

Ce roman est un classique, l’un des premiers vrais romans fantastiques où est décrit avec détails des événements impossible pour l’époque et dont les répercussions sur notre imaginaire sont très fortes.
Victor Frankenstein est un jeune homme riche, sensible et très intelligent. Il quitte sa demeure familiale pour étudier les sciences. Son projet est fou, son travail harassant, et le résultat horrible. Il arrive à créer un être à partir de morceaux de cadavres. Ce monstre devient alors son cauchemar puisqu’il le poursuit pour le torturer et tuer les êtres qui sont chers à Victor.
Le récit est magnifiquement bien écrit. Le style se reconnaît rapidement, avec un vocabulaire riche et des tournures typiques de l’époque, mais la lecture se fait rapide et simple, sans accroche. L’histoire est conté sous forme de courriers dès le début, puis rapidement, Victor nous conte son histoire, bien qu’en réalité, c’est son discours retranscrit par le capitaine du navire qui l’a recueilli.
Il n’y a pas de scènes de violences, ni comme il serait facile de se l’imaginer, de scènes avec éclairs ranimant un corps mort, mais le récit se découvre plutôt dans les sentiments et la quête qu’éprouvent Victor.
Le roman est très bon, à lire bien sûr, mais notre imaginaire a façonné un Frankenstein bien loin de l’oeuvre originale et pourrait décevoir alors les attentes des lecteurs qui attendent un monstre sanguinaire et des poursuites haletantes.