Demain j’arrête ! – Gilles Legardinier

demainjarreteComme tout le monde, Julie a fait beaucoup de trucs stupides. Elle pourrait raconter la fois où elle a enfilé un pull en dévalant des escaliers, celle où elle a tenté de réparer une prise électrique en tenant les fils entre ses dents, ou encore son obsession pour le nouveau voisin qu’elle n’a pourtant jamais vu, obsession qui lui a valu de se coincer la main dans sa boîte aux lettres en espionnant un mystérieux courrier… Mais tout cela n’est rien, absolument rien, à côté des choses insensées qu’elle va tenter pour approcher cet homme dont elle veut désormais percer le secret. Poussée par une inventivité débridée, à la fois intriguée et attirée par cet inconnu à côté duquel elle vit mais dont elle ignore tout, Julie va prendre des risques toujours plus délirants, jusqu’à pouvoir enfin trouver la réponse à cette question qui révèle tellement : pour qui avons-nous fait le truc le plus idiot de notre vie ?
 
Ce roman est un roman destiné à un public féminin principalement. On y découvre une Julie, presque la trentaine, vivant seule, entourée d’amis, et qui tombe amoureuse de son voisin. Elle va imaginer tous les scénarios possible à partir de détails totalement insignifiants. Son esprit tortueux va la mener à changer de métier et devenir une usurpatrice d’identité, uniquement dans le but de plaire et de créer une relation avec Ric, le voisin.
Avant de commencer ce roman, j’avais lu quelques critiques faisant état d’un auteur masculin ayant découvert le Graal au point que quelques lectrices doutaient réellement de la véracité de la biographie de l’auteur – ce n’est pas possible, un homme n’aurait pas pu écrire ça. Ce Graal, c’est tout simplement la compréhension de l’esprit et de l’intellectuel féminin. Le labyrinthe émotionnel des femmes serait retranscrit dans ces pages. En lisant ce roman, en effet, le personnage principal adopte réellement des comportements et des pensées alambiquées pour arriver à découvrir une vérité qui est tout sauf celles qu’elle a pu s’imaginer. Si l’esprit des femmes est aussi tordu, ça fait peur et je suis assez fier alors d’être un homme, et le terme obsession gagne tout son sens lorsqu’il s’agit du relevé de détails pour arriver à créer une histoire derrière… bon passons. Pour ma part, le personnage principal m’a paru complétement décalé et parfois bizarre, et même si l’auteur a pu comprendre ce fonctionnement, l’humour, lui, est typiquement masculin. Vous ne trouverez jamais, mais j’ai bien dit jamais, ou plutôt écrit jamais, mais jamais, de jeté de tête en arrière suivi d’un rire vengeur, dans un roman écrit par une femme.
Même si l’écriture est fluide et facile à lire, l’histoire tend à s’enliser trop souvent avant de repartir à nouveau. C’est assez fatigant à la fin, car l’auteur a tendance à s’embourber de temps à autre. L’histoire, quant à elle, bien que déroutante par l’imagination débordante du personnage, est assez prévisible et tout est bien qui finit bien d’ailleurs. Rien de méchant ni de fantastique, c’est même un peu enfantin. On retiendra la morale de l’histoire qui est bien plus profonde et que l’auteur nous fait ressentir en quelques lignes seulement dans ces remerciements. Oups, au moins je vous aurait épargné la lecture du roman en allant directement lire les trois dernières pages.
En somme, beaucoup de tapage pour pas grand chose.
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Colère du présent – Jean-Bernard Pouy

coleredupresentDepuis la fin du Moyen-Age, le Festival Colères du présent réunit tous ceux qui sont énervés, fâchés, ou en colère. C’est fait d’expression populaire mâtinée de critique sociale. C’est à Arras, tous les ans, même heure, même endroit.

Et cette année-là, ça dérape…

Bon anniversaire !

Avant de commencer cette chronique, je tiens à remercier Libfly et Baleine pour ce partenariat.
Arras, ville du Nord, aujourd’hui, 1er mai. Suite à un groupement de socialistes-anarchistes-marginaux totalement pacifistes, le festival dégénère. Ils décident de prendre en otage la ville pour en faire la première ville libre. L’armée arrive sur les lieux, les négociations peuvent commencer.
Le sujet est sérieux, mais la forme prise par l’auteur est comique. Dans les pensées du Général qui est aux commandes de l’unité en place, nous sommes face à un homme rigide d’apparence qui détend l’atmosphère à coup de blagues graveleuses. L’humour est de mise dans ce roman aux accents de critiques. La critique est là en effet, mais de quel côté. L’armée, qui sous son aspect rugueux, nous propose des personnages haut en couleur, taciturne mais jovial. Les résistants, qui sous leur aspect fêtard, s’organisent d’une manière très militarisée pour créer une liberté utopique. Doivent-ils en passer par les armes pour être libre, être policé pour choisir ?
L’écriture est rapide et présente une fluidité de lecture intéressante. Les phrases assassines, comiques, fusent à tout bout de champ faisant de ce récit un vrai moment de plaisir de lecture malgré le sujet un peu épineux.
Je remercie Libfly et Baleine pour ce partenariat.
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En cas de bonheur – David Foenkinos

encasdebonheur » Personne ne savait que faire en cas de bonheur. On avait des assurances pour la mort, pour la voiture, et pour la mort en voiture. Mais qui nous protégera du bonheur ? Jean-Jacques venait de comprendre que ce bonheur, en devenant si fort, était la pire chose qui pût lui arriver. « 

Avant de commencer cette chronique, je tiens à remercier Livraddict et J’ai lu pour ce partenariat.

Ce roman de David Foenkinos traite de la relation amoureuse dans un couple. Ce couple, c’est Claire et Jean-Jacques. La routine s’installe, les efforts des premiers instants son aujourd’hui inexistants. C’est un couple qui vieillit comme beaucoup de couples. Jean-Jacques, persuadé que sa femme a des aventures, décide de reconquérir sa vie amoureuse, un peu laissée à l’écart par ses années de couple. Claire est dans le doute et le fait suivre par un détective privé. Elle apprend la tromperie et le quitte.

Le thème est assez basique, sans originalité, jusqu’aux prénoms des personnages. Ce n’est pas de ce que ce roman traite mais plutôt la manière dont il le traite qui est intéressant. La sensation qui s’en dégage à la lecture est la même que si vous regardiez une émission télévisée : un couple qui s’ennuie, se trompe, se quitte et se remet ensemble, emmenant tout sur son passage. L’auteur traite de l’évolution des sentiments de ce couple en perdition, des proches qui les entourent et qui payent les pots cassés. Parce que finalement, le grand vainqueur, c’est l’amour, celui que l’on ne voit pas, qui se fait par de petits efforts au quotidien. Mais à vouloir savoir si l’herbe est plus verte chez le voisin, on risque d’en perdre sa maison.

L’écriture est légère, le roman se lit facilement et assez rapidement. Ce roman offre une petite bouffée d’oxygène et de légèreté, comme une plume dans un souffle d’air.

Je remercie Livraddict et J’ai lu pour ce partenariat.

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Le café d’Yllka – Cécile Oumhani

cafeyllkaUne femme croisée dans un aéroport et l’ombre d’une tragédie logée au fond de ses yeux… Malgré moi, je la suivis du regard, rien que pour savoir où elle allait, comme si cela me donnerait le secret du chagrin qu’elle emportait avec elle. Pristina… Sarajevo… Puis elle s’est dirigée vers un long couloir vitré. Je n’ai pas pu voir vers laquelle de ces deux villes elle se rendait. Je ne le saurai jamais. Il me restait l’écho terrible dont l’Histoire récente avait chargé ces deux noms. Pristina… Sarajevo…
«L’aéroport de Budapest disparaît dans la brume. Emina quitte l’avion posé sur la piste. Plus rien ne la sépare du passé qui roule, gronde, mugit là-bas dans sa mémoire. Car c’est le passé qu’elle foule maintenant, le cœur au bord des lèvres, avant de s’envoler vers l’autre ville, plus loin vers le sud. Le monde bascule d’un seul coup.»

Avant de commencer cette chronique, je tiens à remercier Libfly et Elyzad pour ce partenariat.

Mais qui est cette femme croisée dans un aéroport par Cécile Oumhani avec dans son regard, ses gestes, un tragédie enfouie au plus profond d’elle-même ? Emina revient dans son pays, quelques années plus tard. Sa patrie, la Yougoslavie, sa religion, musulmane, son enfance, la guerre. La fuite et la séparation ponctuent ces mois de combats vécus dans cette région avant de la quitter définitivement en train. Elle revient pour essayer de retrouver la trace de sa mère Yllka, qui l’a éloignée avec son petit frère des violences de cette tragédie et son père, parti une arme à la main pour les défendre.

Ce court roman, qui se lit d’une traite, est non pas le témoignage d’une seule personne, mais celui de tout un peuple, qui aura subit les horreurs d’une guerre inutile. Dans ce récit plein de poésie se trouve la souffrance infinie, irréparable, insondable de la perte d’un proche. Cette fille qui revient veut savoir, renouer avec une histoire que plus personne ne connaît, beaucoup tentent d’oublier, peu s’en souviennent, et les autres… sont morts. L’écriture, magnifique, presque lyrique, ajoute du poids à la douleur de la survivante. Au fur et à mesure, elle comprend qu’elle ne reverra pas sa mère, mais elle cherche à vivre ses derniers instants. Par une seule fois, il n’est question de « pourquoi ». Elle accepte, alors qu’elle n’est qu’une enfant, la guerre. Elle refuse, par contre, le « comment ». Comment son père et sa mère auront disparu ?

L’auteur nous propose ici un récit profond, difficile, sans haine, et plein d ‘espoir, et manie la plume d’une très belle manière pour un témoignage poignant. Ces enfants des années 90 se trouvent au centre d’une équation, devenu adulte aujourd’hui, ils essayent de vivre avec un facteur inconnu, ce que sont devenus leurs parents, ils ont perdu leurs racines et tentent de construire leur avenir avec ce chaînon manquant.

Ce roman se découvre dans la collection Éclats de vie.

Je remercie Libfly et Elyzad pour ce partenariat.

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Une vie après l’autre ou l’incarnation des possibles – Frankie Ventana

unevieapreslautreD’incidences en coïncidences se forgent d’improbables destins : celui de Gabrielle aura été de rencontrer, un soir de décembre 1982, Lila von Haffen, pianiste classique adulée. Leurs existences vont s’imbriquer en dépit de l’empreinte que nulle gloire, nul génie, nul talent n’effacera. De cette étrange nuit où chacune se trouve dans l’attente d’un événement indéfini, la première va s’enfermer dans sa destinée tandis que la seconde s’en délivrera par le suicide. Vingt ans plus tard, Gabrielle entre en possession d’une correspondance signée de la main de la virtuose. Elle se lance alors sur ses traces, à travers l’Europe jusqu’en Argentine.
Ce voyage la conduira à accepter son destin cristallisé en la personne de Lila von Haffen…

Avant de commencer cette chronique, je tiens à remercie les Editions Kyklos pour ce partenariat.

Gabrielle était voué à devenir une grande pianiste, mais sa rencontre avec Lila Von Haffen il y a plus de vingt ans, la musicienne en vogue à cette période, change la donne. Elle arrête la musique, se marie, divorce, et finalement passe à côtés de la vie, jusqu’à la réception de lettres de Lila, disparue tragiquement à la même période.

Le roman retrace donc la quête de Gabrielle à la recherche de la vérité sur la disparition de Lila. Cette aventure qui l’a fait voyagé à travers l’Europe, est un trajet vers sa reconstruction intime, une reprise en main de sa vie. Tous les personnages qu’elle rencontre vont être un levier, à leur manière, pour l’aider dans sa quête. Gabrielle, perdue psychologiquement, peut-être déprimée, marquée profondément dans sa tête et son cœur, tente donc de refaire surface, inconsciemment, grâce à l’espoir de retrouver Lila.

Le personnage est attachant et réaliste. Ses rencontres nous font découvrir le monde qui gravitaient autour de l’artiste avant sa disparition. Pour ma part, Marylou sera le déclencheur, une femme qui vit dans son camion, possède une grande philosophie de la vie, et qui est totalement étrangère à son désarroi.

Ce roman est court. L’écriture est très fluide, belle et travaillée. Narré au présent, il est alors aisé de discerner les souvenirs des actes d’aujourd’hui. Une histoire avec en arrière plan la musique classique, Chopin et le piano, l’obstination et la passion, la perfection et l’abnégation. Un roman sur la vie et la quête du bonheur.

Je remercie les Editions Kyklos pour ce partenariat.

Kyblos

Les années d’innocence – Frankie Ventana

anneesinnocenceIls sont trois amis d’enfance. Trois artistes qui posent un regard farouche sur la vie. Trente ans d’amitié et un ultime rendez-vous à Amsterdam qui les cueille au moment le plus fragile de leur existence.

L’auteur nous livre ses interrogations pêle-mêle sur l’amour, les choix que l’on s’impose, l’expérience de vie et de mort, les souvenirs et la culpabilité qui va avec…

Ce récit, s’il révèle les émotions obscurcies d’une génération consciente de son éclatement, demeure avant tout un hymne à la vie que nous soyons combattants acharnés ou simples observateurs…

Avant de commencer cette chronique, je tiens à remercier les Editions Kyklos pour ce partenariat.

Les années d’innocence est un court roman. Trois amis, trente ans d’amitié, de coups et d’amour. Un trente-et-un décembre au crépuscule d’une vie, à l’aube d’une déchirure. Paul est homosexuel, malade du sida, il est épuisé et cette nuit, il prend une décision, grave et irréversible.

Frankie Ventana, comme dans son autre roman que j’ai lu très récemment, possède une belle écriture, travaillée. La narration se fait à la première personne, celle d’une femme, utilise le présent, facilitant la résurgence de souvenirs au passé. Elle accorde énormément de place aux sentiments, imprégnant le lecteur de l’état d’esprit. Loin du physique et de l’apparence des personnages, elle nous place en eux, à sentir et ressentir comme eux. C’est l’atout principal de l’auteur, ce moment de solitude propre au personnage principal perdu avec lui-même, névrosé, atteint psychologiquement, abîmé par la vie, et traçant droit devant, allant toujours de l’avant, avec comme seul consigne, avancer. C’est parfois un peu cru, direct, et incisif, mais c’est profond, la douleur sourde de la vie ressort comme un geyser de ses personnages. Ce roman, qui se lit rapidement, raconte la mort qui s’installe, au début invisible, qui fait peur, et finalement qui est acceptée, l’amitié qui détruit et pourtant si indispensable. Les années d’innocence est un roman juste, vague et précis à la fois, un beau roman, qui se lit avec beaucoup de plaisir.

Je remercie les Editions Kyklos pour ce partenariat.

Kyblos

Dans la vie – Aïssa Lacheb

danslavieIl y a d’abord un homme solitaire devenu assassin par rectitude humaine. Puis le quotidien d’un infirmier dans un mouroir ordinaire, révolté par les souffrances muettes qui y sont infligées et les destins qui s’y brisent. Le roman s’achève quand toutes ces vies souterraines se rencontrent et se révèlent, sur un dernier récit retrouvé, le conte parallèle d’un témoin muet, qui clôt en forme de parabole un roman que l’on referme différent.

Avant de commencer cette critique, je tiens à remercier News Book et Au Diable Vauvert pour ce partenariat.

Dans la vie raconte le parcours d’un tueur en série. Dans la première partie de ce roman, il décide (il, parce qu’à aucun moment, nous n’apprenons son nom), un jour avant de partir définitivement, de solder ses comptes avec les personnes qui auront croisées sa vie. Pour l’un, c’est parce qu’il a empêché de rentrer en boîte de nuite, pour l’autre, c’est parce qu’elle l’aura fait virer de son travail pour un soi-disant harcèlement sexuel. Il note leurs noms sur une feuille, les recherche, et les élimine.

L’écriture de cette partie est la retranscription de ses pensées ou d’un entretien. Il écrit comme il parle et les négations sont tronquées, quelques phrases sont construites bizarrement. Cette manière d’écrire donne au texte une certaine authenticité mais me paraît gênante à la lecture.

Dans la deuxième partie, on le retrouve dans son travail. Il est infirmier. Toute la rancœur aperçut dans la première partie disparaît pour une humanité réelle et sincère pour les personnes dont il a la charge. Il travail dans un centre qui accueille des personnes malades et âgées.

Mais c’est affligeant de constater comme les personnes malades sont abandonnées. Comment, pour le seul prétexte administratif chronophage, peut-on arriver à délaisser des gens, des êtres humains, les ignorer, les considérer comme des animaux ?

Dans la vie raconte un infirmier qui tue et dans le même temps qui reste très humain. Qui assassine qui ? C’est peut-être la vraie question qu’il faut se poser. Est-ce lui, qui solde ses comptes, ou est-ce ce médecins, qui délivre une ordonnance sur le bord de la table, sans un regard pour son patient qui souffre, est-ce aussi ces infirmières, qui ne se préoccupent plus de leurs douleurs physiques et morales ? Ne sont-ils pas eux aussi des assassins par omission de ces délaissés de la société ? Cette deuxième partie nous raconte le calvaire de ces oubliés de la société qui se donne bonne conscience sous le voile de l’hypocrisie. Cette partie est longue, longue pour nous faire vivre cette souffrance quotidienne, cette persécution silencieuse qu’endurent les résidents maltraités, pour nous faire ressentir ce que c’est de vivre avec l’attente de la mort qui ne vient pas, avec ce corps qui ne répond plus, avec cette indifférence douloureuse.

La troisième et dernière partie est le récit d’une des pensionnaires. Une fiction avec une morale. Une histoire courte et intéressante.

Dans la vie est un roman qui ne laisse pas indifférent, qui force la réflexion. Un roman puissant, chargé d’émotions, un roman à lire.

Je remercie News Book et Au Diable Vauvert pour ce partenariat.

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La flémingyte aigüe – Léa Arthemise

flemingyteLa flémingyte aiguë se caractérise par une inflammation des synapses sur un sujet végétatif, et/ou un régime totalitaire copiant et accroissant les failles d’un système de société proche de l’implosion.
C’est ce que pense Léonie Garzon.
Peut-être qu’elle regarde trop la télé.
Peut-être que les trains la font dérailler au point de rêver d’une autre réalité, contrôlée par un proctologue de garde qui tremperait dans des histoires pas nettes, où les stéréotypes se feraient descendre en pleine rue devant des policiers désabusés, où le Mexique serait la porte à côté.

Avant de commencer cette chronique, je tiens à remercier Partage Lecture et les Editions Kyklos pour ce partenariat.

Léonie Garzon est une vieille dame, veuve, vivant seul dans son petit appartement. Un matin, son auxiliaire de vie, qui lui rend visite, la découvre allongée dans son lit, la couverture la recouvrant complètement. Elle pense qu’elle est décédée et appelle la police. S’en suit alors une enquête délirante sur la recherche du criminel de Léonie Garzon.

Dès les premières lignes, je retrouve dans l’écriture de Léa Arthemise un humour particulier, que j’affectionne particulièrement, un humour noir et cynique parfois, mais bon enfant, cinglant et pourtant simple et gentil.

Elle tourne en dérision l’événement, et c’est avec un sourire que vous lirez les conclusions des enquêteurs s’emmêlant dans leurs explications vaseuses. Les personnages dérivent dans leurs propos et leurs réflexions au gré des humeurs, de l’idée du moment, pour un résultat hilarant. Un texte à la trame sans queue ni tête –le chevalier se serait-il fait guillotiner ?- qui vous laissera « rêveur ».

L’auteure nous comble d’un court roman déjanté à l’écriture très fluide, aux scènes parodiques, aux clins d’œil télévisuels, et presque tout le monde y passe, même la série Arabesque et son héroïne Miss Fletcher. Par contre je n’ai pas bien compris le coup des Japonais –peut-être n’y en a-t-il pas ?

Léa Arthemise nous offre un très bon moment de détente avec La Flémingyte aiguë, un récit aux accents humoristiques qui saura nous dérider les zygomatiques.

Je remercie Partage Lecture et les Editions Kyklos pour ce partenariat.

partage

La salle de bain d’Hortense – Janine Teisson

hortenseLa rencontre improbable entre Patricia, une jeune fille en rupture poursuivie par «Trois types en cuir noir et crânes rasés», et Hortense, une très vieille dame qui a plus d’un tour dans son sac, va déclencher une série d’événements dangereux, drôles ou touchants. Entourée de personnages truculents, ces deux héroïnes attachantes vont apprendre à s’apprivoiser, se connaître et s’aimer.
Une aventure incroyable qui nous fera voyager de paris à Ouagadougou avec une multitude de personnages drôles et touchants.
Un superbe roman à rebondissements qu’il est difficile de quitter !

Avant de commencer cette chronique, je tiens à remercier Babelio et les Editions Chèvre feuille étoilée.

L’histoire de ces deux femmes, de deux générations complètement opposées, Hortense est une vieille dame, et Patricia est une jeune femme, de deux univers différents, Hortense a vécu la première guerre mondiale, et Patricia un junkie du nom de Raoul. Chacune se raconte à l’autre avec retenue et beaucoup d’émotions. Puis vient le voyage en Afrique et la découverte des racines pour la jeune fille, et du passé nostalgique de la vieille dame. Un roman chargé de sentiments qui se termine en sanglots, autant pour les personnages que pour le lecteur.

Les dialogues sont succulents, et l’écriture est fluide. Par contre, la couverture est sacrément moche et ne donnera pas envie au client d’une librairie.

Un bout de culpabilité a même pointé le bout de son nez lorsque je l’ai terminé. J’ai littéralement dévoré ce roman en deux heures, alors que l’auteure y aura travaillé certainement pendant des jours et des jours.

Un magnifique roman sur l’amitié entre deux femmes, une belle découverte.

Je remercie Babelio et les Editions Chèvre feuille étoilée.

babelio

La fille de papier – Guillaume Musso

lafilledepapier« Trempée jusqu’aux os et totalement nue, elle est apparue sur ma terrasse au beau milieu d’une nuit d’orage.
— D’où sortez-vous ?
— Je suis tombée.
— Tombée d’où ?
— Tombée de votre livre. Tombée de votre histoire, quoi ! »

Tom Boyd, un écrivain célèbre en panne d¹inspiration, voit surgir dans sa vie l’héroïne de ses romans.
Elle est jolie, elle est désespérée, elle va mourir s’il s’arrête d’écrire.
Impossible ? Et pourtant…
Ensemble, Tom et Billie vont vivre une aventure extraordinaire où la réalité et la fiction s’entremêlent et se bousculent dans un jeu séduisant et mortel…

Guillaume Musso a la particularité d’être extrêmement efficace. Il sait comment envoûter le lecteur et ne lui laisser aucun répit jusqu’à la dernière page. Il sait allier l’inexplicable jusqu’au dénouement où… tout s’explique rationnellement. Je dois avouer que la trame utilisée est identique aux précédents romans lus mais à chaque fois le lecteur se fait piéger. Il faut aller jusqu’au bout pour savoir.

Fort est de constater que Musso ne fait pas l’unanimité parmi les critiques littéraires mais son public répond toujours présent. Il faut tout de même avouer que les personnages sont soignées, les principaux comme les secondaires, et qu’il ne laisse pas le temps de souffler. Bien sûr, ses personnages ont toujours un passé sulfureux qui parfois les rattrape et qui se ressemble fortement de roman en roman, mais on se prend quand même au jeu.

J’ai un regret après avoir lu ce énième roman de Musso, c’est la situation géographique de ses histoires qui se déroulent toujours aux USA. Alors faut croire que c’est plus vendeur.

Dans l’ensemble, un roman que vous apprécierez forcément mais qui, dans quelques semaines, se mélangera aux autres romans que vous aurez lu de Musso, au point de ne plus trop savoir à quel titre correspond tel personnage.