Tintin 9. Le crabe aux pinces d’or – Hergé

tintincrabeGrâce aux Dupondt, Tintin s’intéresse au Karaboudjan, un cargo arménien lié à la mort suspecte d’un marin. Enlevé par l’équipage du navire, le jeune reporter tombe, involontairement, sur la piste d’un trafic international de stupéfiants. Une grande aventure pleine de rebondissements qui conduira Tintin jusqu’au cœur du Sahara et lui permettra de faire la connaissance d’un personnage majeure de la galaxie hergéenne : le capitaine Haddock.

Ce neuvième tome des aventures de Tintin voit notre petit héros belge enquêter sur un trafic d’opium au Maroc.

C’est dans cet épisode qu’apparaît le capitaine Haddock, qui deviendra le meilleur ami de Tintin. Ce personnage montre tout son talent dans cette bande dessinée, alcoolique, généreux, courageux, et vaillant.

Le scénario est intéressant, bien construit, et plein de rebondissements permettant au reporter de démarrer l’histoire dans un navire et de finir son aventure en train de démanteler un réseau de trafiquant au Maroc.

Le lieutenant du Capitaine est un personnage récurrent, mauvais avec une influence néfaste. Un clin d’oeil à un précédent album avec un enquêteur japonais donne à cette bande dessinée des allures de voyage au tour du monde.

Au niveau du graphisme, il faut apprécier le rythme apporté par des cases bien travaillées et qui donne à cette bande dessinée une explosivité entre poursuite dans les rues labyrinthiques d’une ville du Maroc ou un vol en avion qui finit dans le désert. Il faut noter l’apparition de case géante remplissant la page entière, permettant à Hergé de focaliser sur l’action plutôt que sur le scénario dans ces instants.

En somme, un album important de la série qui voit naître l’amitié entre Tintin et le capitaine Haddock, mais aussi des choix graphique « imposé » par l’époque démontrant le talent d’Hergé à donner un rythme cinématographique à une bande dessinée.

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Proust, le chat et moi – Jean Cau

proustPar quel mystère la tauromachie ressemble-t-elle à la littérature. Comment l’auteur a vaincu le temps et répété les séquences d’une vie irresponsable grâce à la littérature. Comment a-t-il vécu l’enfance de l’art et pourquoi l’art est une éternelle enfance. Tels sont les thèmes et les musiques de L’Enfance de l’art. Mais pourquoi Marcel Proust est-il un chat. Pourquoi la Recherche est-elle le dernier livre de l’Occident. Comment, à bord du Titanic éventré de l’Occident, Marcel Proust a-t-il écrit la Recherche, au son des derniers violons et juste avant l’ultime naufrage. Pourquoi, après la Recherche, et avant le déluge, aucun Grand Ecrivain ne peut-il naître des flancs décomposés de la décadence. Tels sont les thèmes et accents de Proust, le chat et moi.

Avant de commencer ce billet, je remercie BoB et La Table Ronde pour ce partenariat.

Ce livre réunissant deux essais, je me permets de faire un billet pour chacun de ces essais.

L’enfance de l’Art

Jean Cau utilise la littérature comme un exutoire. Au lieu de nous proposer un essai constructif, il est là, à geindre, à se plaindre, à chouiner sur sa condition d’écrivain. Non pas parce qu’il n’en vit pas assez bien, mais plutôt parce qu’il en a honte d’en vivre. Journaliste et écrivain, l’auteur se livre à un véritable mea culpa sur la honte qu’il ressent de se faire payer pour écrire. Il a vécu de sa passion, c’est bien, et après… Je ne vois pas quel est l’intérêt d’avoir écrit cet essai, si ce n’est pour se faire une auto-psychanalyse. Et personnellement, je ne considère pas la littérature comme un exutoire psychanalytique que n’importe qui peut arriver à faire, mais plutôt comme un effort intellectuel de mener le lecteur dans la peau d’un personnage qu’il n’est pas et dans une histoire qu’il ne vit pas. Cet essai est certes très bien écrit, mais honnêtement, je m’en moque qu’il se sente coupable de vivre de sa passion, pourquoi pas écrire sur ses constipations passagères tant qu’il y était. Cet essai ne m’a rien appris, ne m’a rien amené, un essai d’une personne encore adolescente dans sa tête encore à se poser des questions existentielles.

Proust, le chat et moi

Un essai philosophique qui traite de « La Recherche » de Marcel Proust, son « oeuvre » de chevet. Je ne suis en aucun cas un philosophe, mais j’ai trouvé cet essai assez décousu, presque sans queue ni tête. C’est encore une fois très bien écrit. Mais je ne suis pas arrivé à discerner le premier du second degré dans ce texte, au point que certains passages m’ont paru discriminatoires et xénophobes. Cet essai d’un extrême pessimisme, sans aucun espoir pour notre civilisation qui se veut être décadente. Encore une fois, comme pour L’enfance de l’Art, je n’ai trouvé aucun intérêt à cet essai. Que c’est ennuyeux de lire une réflexion aussi noire sur une oeuvre qui date de plus d’un demi-siècle, et tout ça, en prenant comme interlocuteur un chat. Il considèrait à ce point l’homme qu’il préférait converser avec un chat.

Ou alors je n’ai rien compris, et ce genre de réflexion n’est pas pour moi, ou quelques-uns penseront comme moi à la lecture de Jean Cau, et je ne serais pas le seul idiot sur cette terre.

Je remercie BoB et La Table Ronde pour ce partenariat.

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Les Radley – Matt Haig

lesradleyIls n’ont qu’une addiction : le sang…

Mais depuis plus de vingt ans, ils ont décidé de renoncer à leur pêché mignon et de se désintoxiquer. Pas facile d’être un vampire urbain au XXIème siècle !

Dans une banlieue british tout ce qu’il y a de plus respectable, la famille Radley essaye désespérément de se comporter comme des « gens normaux ».

Mais des vampires de souche peuvent-ils définitivement refouler leurs désirs et leurs instincts ? Pas sûr…

Les Radley ou comment revisiter le mythe du vampire. J’avoue être très friand de fantastique et ce roman m’a paru intéressant en lisant le quatrième de couverture. J’avais déjà lu quelques mois plus tôt une nouvelle version de ces vampires que toutes et tous chérissons et j’avais été plus qu’agréablement surpris. Alors, est-ce que Matt Haig en fera autant… Verdict…

Pour commencer, ce livre est divisé en quantité pléthorique de chapitres, allant de quelques lignes à quelques pages. Chaque chapitre est donc une scène, souvent dans la peau d’un des personnages principaux. Je n’est pas été désorienté de changer aussi souvent de personnages, et l’écriture très fluide, sans aucune lourdeur, très facile à lire, aide énormément à cette sensation d’aisance de lecture.

Quant à l’histoire, nous nous retrouvons avec des vampires qui s’abstiennent de boire du sang, qui se baladent à la lumière du jour, qui mangent et qui boivent comme tous les humains normaux. En somme, des gens normaux. Bon, l’idée est plutôt intéressante. Mais la famille Radley est confrontée à une crise, l’adolescente qui ne sait pas qu’elle est une vampire et qui donc n’a jamais goûté une goutte de sang, se retrouve agressée et se défend de manière bestiale, à son insu… et les problèmes commencent, des gros problèmes… Les Radley vont à leur manière se sortir de cette crise.

J’avoue que l’histoire, quand j’ai finit de lire la dernière page, m’a un peu déçu. Il n’y a pas beaucoup de rythme dans ce roman, l’auteur enjolive beaucoup pour remplir, et l’histoire reste pauvre et c’est dommage. Le début est entraînant mais on s’enlise et très vite on se rend compte que la fin sera bâclée. J’imagine que le concept pourra se retrouver adapter pour le petit écran en une série traitant d’une famille différente, mais l’auteur n’a pas su, et c’est regrettable, utiliser le filon qu’il a découvert pour nous servir un roman qui restera gravé dans notre mémoire.

Le voleur d’humains – Dirick

voleurdhumainsEt si les animaux se mettaient à martyriser les hommes?
Et si les animaux créaient des laboratoires pour faire des expérimentations sur des humains?
Et si les animaux entassaient des hommes dans des zoos insalubres et misérables?

Pour mieux faire comprendre aux jeunes de tous les pays les problèmes de protection des animaux et de la nature, le dessinateur Dirick a créé un monde à l’envers ou c’est nous, les humains qui sommes du  » mauvais côté de la laisse  » à la place des animaux.
Dans cet univers inversé, pour protéger l’espèce humaine et éviter son extinction, les animaux ont fondé la Société Protectrice des Humains.

Dans cette première enquête, L’inspecteur Klebs se trouvera face à un savant fou, maniaque de l’expérimentation, qui mène des expériences pour le moins contestables sur de pauvres petits humains dans des laboratoires…

Cet exemplaire unique en son genre -avec sa dédicace de Dirick-, me fait découvrir l’univers que l’auteur a créé. Les animaux ont pris la place des humains, et les humains ont pris la place des animaux. Le monde est à l’envers. Autant vous dire de suite que j’ai trouvé le concept original. Et de cette manière amusante, il permet de montrer les travers de l’homme face aux animaux qu’il possède.

Le dessin n’est pas un dessin enfantin, ni un dessin des années 70 à la Boule et Bill, et c’est un gros point que je donne à Dirick pour le choix du graphisme. En lisant ce premier volume, je n’ai pas eu la mauvaise sensation de lire une vieille BD, mais de feuilleter une bande dessinée qui s’adresse aux petits, aux adolescents et aux adultes aussi.

L’histoire est assez simple, il ne faut pas oublier quel est le public visé, mais bien menée, et je me suis vu aller jusqu’au bout sans ennui.

Un graphisme sympa, une histoire facile à comprendre, et un concept original, en somme c’est une bande dessinée que vous pourrez offrir sans trop vous poser de questions et qui fera en même temps le plaisir des parents.

Enfin, je tiens à ajouter que Dirick à renoncer à ses droits d’auteur pour en faire don à une association qui défend les droits des enfants.

A contresens – Tom Liehr

contresensTim Köhrey, orphelin, passe une enfance trop tranquille au sein d’une famille d’accueil anesthésiée, dans la banlieue de Hanovre. Pour lui, la vraie vie va enfin commencer à l’été 1980, à l’aube de son adolescence, quand sa famille déménage. Tim se retrouve plongé dans un Berlin-ouest en pleine effervescence, battant au rythme de l’amitié, de la musique, du grand amour. Mais il va finir par tout perdre, en une fraction de seconde. Ce n’est qu’au millénaire suivant que Tim, DJ désabusé à la recherche du bouton rewind, cesse de se laisser porter par la vie et décide de partir à sa rencontre… quitte à prendre parfois quelques contresens. Un roman pop, doux amer et sans temps mort, sur les occasions manquées, les rêves mis de côté et le besoin de changer de vie.

Avant de commencer cette chronique, je remercie BoB et Asphalte pour ce partenariat.

Tout au long de ce roman qui nous place dans la peau de Tim, nous découvrons la jeunesse puis l’adolescence, et enfin l’âge adulte d’un allemand des années 80 jusqu’à nos jours. Tim n’est pas gâté par la vie, il perd ses parents très jeune, et est placé dans une famille d’accueil apathique. Dans la peau de Tim, nous vivons son adolescence, avec ses joies, ses humeurs, ses peines. Et très vite, il se laisse aller, la vie le menant, le ballotant, pour se poser dans un endroit un peu perdu, dans une existence molle. Jusqu’à ce point de l’histoire, on se laisse transporter facilement tellement l’écriture est facile, l’auteur nous faisant aimer ce Tim comme nous-même.

Puis Tim revient à Berlin pour reprendre en main sa vie. Et j’avoue que j’ai eu énormément de mal à lâcher le livre tellement je voulais savoir ce qu’il allait découvrir, quelles décisions il comptait prendre.

Un très bon roman que je recommande vivement de lire.

Je remercie BoB et Asphalte.

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Croisade 1. Simoun Dja – Dufaux et Xavier

croisade1La guerre menace à nouveau d’éclater en Terre-Sainte. Menés par Grégoire d’Arcos et par l’inquiétant Duc de Tarente, les Chrétiens s’apprêtent à reconquérir Jérusalem et à l’arracher aux mains du Sultan Ab’dul Razim. Le preux Gauthier de Flandres s’oppose à cette nouvelle campagne qu’il estime être une folie. Tous l’ignorent mais, dans l’ombre, agit le Qua’dj, un démon bien décidé à récolter sa moisson d’âmes guerrières. Face à ses sombres desseins se dresseront bientôt Gauthier et la ravissante, mais redoutable, Syria d’Arcos.

Ce premier tome de cette série de Dufaux présente les personnages et l’aspect politique de la croisade que les grands de cette époque comptent mener. Mais au lieu de se contenter de nous présenter un événement de masse historique avec des faits supposés réels, le scénariste nous propose ici une explication un peu plus mystique. Un démon serait derrière certains de ces personnages qu’il corrompt grâce à la faiblesse de l’homme.

Le scénario est intéressant, un peu linéaire, sans beaucoup de surprises, mais il a le mérite de présenter et de poser le décor. La période, les personnages sont, au terme de ce premier opus, bien installé, nous poussant à lire le deuxième épisode avec impatience.

Le graphisme est bien travaillé. Les personnages sont rudes, mais les femmes semblent être trop à leur avantage, plus pour appâter le lecteur en manque de glamour, mais heureusement que les auteurs ont choisi de poser d’autres cartes. Un enchaînement de mises en page originales permet au lecteur de trouver du rythme. La bataille menée dans le désert, sans être violente graphiquement, est belle et très graphique.

Ce premier album promet une suite passionnante, grâce au talent de Dufaux mais aussi grâce aux tentatives graphiques réussies de rythmés ce début d’histoire assez plate malgré tout.

L’épée brisée – Poul Anderson

lepeebrisee« Imric n’eut qu’un bref aperçu d’une massive silhouette encapée, chevauchant une monture plongeant vers la terre, plus rapide que le vent, un gigantesque cheval à huit pattes monté par un homme à la longue barbe grise et au chapeau à larges bords. L’éclat de la lune accrocha la pointe de sa lance et son oeil unique… Il traversait les cieux à la tête de sa troupe de guerriers morts, et les chiens aux yeux de feu aboyaient comme le tonnerre. Sa corne hurla dans la tempête, les sabots de sa monture tambourinaient comme la grêle tombant sur un toit ; et la pluie se déchaîna sur le monde. »
Voici l’histoire d’une épée qu’on dit capable de trancher jusqu’aux racines mêmes d’Yggdrasil, l’Arbre du Monde. Une épée dont on dit qu’elle fut brisée par Thor en personne. Maléfique. Forgée dans le Jotunheim par le géant Bölverk, et appelée à l’être à nouveau. Une épée qui, une fois dégainée, ne peut regagner son fourreau sans avoir tué. Voici l’histoire d’une vengeance porteuse de guerre par-delà le territoire des hommes. Un récit d’amours incestueuses. De haine. De mort. Une histoire de destinées inscrites dans les runes sanglantes martelées par les dieux, chuchotées par les Nornes. Une histoire de passions. Une histoire de vie…

Ce roman de fantasy se déroule dans le monde parallèle des elfes et des trolls au moyen-âge. L’épopée est celle de Skafloc, un enfant volé par les elfes, éduqué par ces êtres de faëries. Apprenant auprès des elfes, il tombe amoureux d’une humaine qui va provoquer sa chute.
Ce roman écrit dans les années 50 n’a été traduit que récemment. La préface de Michael Moorcock annonce un récit épique et merveilleux, comparable au Seigneur des Anneaux de Tolkien, peut-être même plus passionnant.
L’écriture est fluide, très rythmé agrémentant les chapitres de quelques tirades sans faire des pages de poésie comme vous aurez pu le lire chez Tolkien. C’est avc une juste mesure que l’auteur écrit son roman, sans fioriture ni lourdeur.
L’univers décrit est celui de l’univers des fées, elfes, trolls et autres créatures magiques. Se mélangeant à notre monde, ce monde se révèle être merveilleux avec ses beautés et ses horreurs malgré tout, se confrontant de temps en temps à notre monde par des événements inexplicables.
Le récit est très épique, décrivant un monde cruel en guerre où deux guerriers vont s’affronter et définir l’avenir de ce monde en perdition. Les raisons de cette chute sont à lire à travers les lignes. Avec la montée du christianisme au moyen-âge, les hommes ne s’en remettent plus qu’à un seul Dieu, délaissant les anciennes croyances et la nature, oubliant les légendes, tuant ainsi des millénaires d’histoires et d’imagination. C’est cette confrontation symbolisée par ces deux guerriers, l’un humain, l’autre d’origine mystique, que nous retrouvons, l’homme se pliant à Dieu contre les antiques croyances.
Les personnages sont expressifs et intéressants, les elfes sont immortels, mais l’amour se refuse à eux, les laissant dans l’ennui d’une existence longue, alors que l’homme, lui, est soumis à des émotions puissantes, vivantes, mais il n’est qu’une goutte d’eau dans la vie d’un seul elfe.
Ce roman est passionnant finalement, avec une morale et une étude poussant à la réflexion sur l’arrivée du monothéisme et le reflux de ces croyances ancestrales, magnifiques, oubliées pendant des siècles et que de nos jours, nous tentons vainement de retrouver, afin de renouer avec un monde riche.
Que vous soyez ou non passionné de fantasy, c’est un roman à lire, un roman plein de philosophie portant en lui une morale puissante.
Je remercie Libfly et Le Bélial pour ce partenariat.
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Fondation – Isaac Asimov

fondationEn ce début de treizième millénaire, l’Empire n’a jamais été aussi puissant, aussi étendu à travers toute la galaxie. C’est dans sa capitale, Trantor, que l’éminent savant Hari Seldon invente la psychohistoire, une science nouvelle permettant de prédire l’avenir.
Grâce à elle, Seldon prévoit l’effondrement de l’Empire d’ici cinq siècles, suivi d’une ère de ténèbres de trente mille ans. Réduire cette période à mille ans est peut-être possible, à condition de mener à terme son projet : la Fondation, chargée de rassembler toutes les connaissances humaines. Une entreprise visionnaire qui rencontre de nombreux et puissants détracteurs…

Je suis plus qu’impressionné en lisant ce roman comment l’auteur, Isaac Asimov, a pu imaginé en son temps, c’est à dire les années 50, l’évolution de la technologie, que nous connaissons aujourd’hui et qui ne sont que les prémices d’une technologie encore plus avancée, plus performante et dont l’homme sera incontestablement son esclave.

Car ce roman traite bel et bien de l’homme face à la technologie, sa soumission face à l’évolution qui peut le différencier du barbare de l’érudit.

L’auteur nous emmène de la chute de l’Empire jusqu’au premières crises que va devoir affronter la Fondation pour lui permettre de renaître.

La manière dont la Fondation traite les crises et dont elle s’en sort est magnifiquement bien réfléchie. On avance dans le roman et nous voulons en savoir plus, ce premier tome annonçant une suite des plus passionnantes. Et tout ça écrit avec une grande fluidité. A lire absolument…

Le sang et la mer – Gary Victor

lesangetlamerHérodiane, orpheline, vivant dans un bidonville à Port-au-Prince, rêve du prince charmant. Est-ce parce qu’une religieuse lui a lancé sur un ton haineux : Noire comme tu es, comment veux-tu que Jésus t’aime ? Ou est-ce parce que son frère, salué à sa naissance par l’écume d’une vague de mer, s’adonne à d’autres plaisirs ? Le rêve s’incarne en Yvan, riche mulâtre d’une des grandes fortunes du pays, et vire au cauchemar à la rencontre avec son oncle Paul. Si les âmes corrompues des vivants peuvent faire basculer les cœurs fragiles dans l’enfer sur terre, les rêves brisés des jeunes filles créent l’espoir d’un autre avenir.

Gary Victor revisite ici, avec la maestria qu’on lui connaît, le rêve du prince charmant à la manière haïtienne. Comment dans cette société perverse et corrompue, dans cet univers où les plus riches asservissent encore et toujours les plus pauvres, les jeunes filles peuvent venger le monde.

Avant de commencer cette chronique, je tiens à remercier BoB et Vents d’ailleurs pour ce partenariat.

Le Sang et la Mer est une magnifique histoire, celle d’une belle jeune fille pauvre vivant à Haïti, un pays fait de corruption et de haine, dont les parents meurent et qui reste seule avec son grand frère.

Elle essaye tant bien que mal de rester sur le droit chemin, celui de la dignité. Une histoire tragique qui nous raconte d’une belle manière la pauvreté et la vie débilitante que doivent vivre les habitants des ghettos soumis à l’esclavage des plus riches.

La vie d’Hérodiane est un conte et j’ai pris énormément de plaisir à lire cette oeuvre. L’écriture est belle même si j’ai trouvé que les premières pages m’ont paru fastidieuses. J’ai la sensation que l’auteur a eu du mal à « accoucher » le début, mais que, au fil de l’histoire et des pages écrites, il s’est délié.

Les images que veut nous faire voir Gary Victor sont magnifiques, Hérodiane étant au centre de deux mondes qui se confrontent constamment.

Ce roman se termine en beauté, avec beaucoup d’émotions. Un beau roman…

Je remercie BoB et Vents d’ailleurs.

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Walking Dead 16. Un vaste monde – Robert Kirkman et Charlie Adlard

walkingdead16Après l’invasion d’Alexandrie, le répit est de courte durée. Les survivants sont confrontés à un sentiment destructeur : la peur de l’autre… Kirkman et Adlard poussent toujours plus loin leurs personnages dans leur ultime retranchement.

Après l’attaque massive de Marcheurs qui a décimé la communauté d’Alexandria, la vie reprend tant bien que mal son cours pour ses habitants. Mais le danger n’est jamais très loin… Morts et vivants rôdent toujours aux alentours. Lorsqu’Abraham et Michonne découvrent l’existence d’un homme visiblement sans peur et capable de parfaitement se battre, les souvenirs du gouverneur ressurgissent. Et la confiance, déjà bien ébranlée, des rescapés en la nature humaine, est une nouvelle fois mise à l’épreuve…

Ce seizième tome se déroule toujours dans le village repris par l’équipe de Rick. Il tombe pendant leurs recherches de nourriture sur un homme se faisant appeler Jésus. Il vient d’une autre communauté.

Dans cet épisode, nous découvrons comment réagissent les personnages de la bande de Rick. Loin des zombies, nous sommes plutôt dans la découverte d’une communauté, et la crainte qu’elle peut inspirer. Que vont-ils décider, comment vont-ils s’y prendre ? Telles sont les thèmes abordés dans cet album. Mais cette communauté est peut-être l’espoir de Rick, vivre enfin normalement.

Les relations entre les personnages évoluent aussi. De l’amour naît, mais aussi de la crainte, des questions. Il est intéressant de les suivre et de voir comment les personnes changent en fonction des tragédies qu’ils ont subies et de l’espoir qui peut naître. Cet album est vraiment sous le signe de l’espoir.

Le graphisme est fidèle aux albums précédents, mais il faut reconnaître qu’il y a moins de cases « de facilité ». Les lecteurs des albums précédents comprendront.

Un des meilleurs albums, et surtout un niveau en constante hausse.