Au bonheur des ogres – Daniel Pennac

Benjamin Malaussène a un drôle de métier : bouc émissaire au service réclamations d’un grand magasin parisien où il est chargé d’apitoyer les clients grincheux. Une bombe, puis deux, explosent dans le magasin. Benjamin est le suspect numéro un de cette vague d’attentats aveugles. Attentats ? Aveugles ? Et s’il n’y avait que ça ! Quand on est l’aîné, il faut aussi survivre aux tribulations de sa tumultueuse famille : la douce Clara qui photographie comme elle respire, Thérèse l’extralucide, Louna l’amoureuse, Jérémy le curieux, le Petit rêveur, la maman et ses amants… Le tout sous les yeux de Julius, le chien épileptique, et de Tante Julia, journaliste volcanique. Quel cirque !

Ben travaille dans un grand magasin à Paris. Son travail est simple, être le bouc émissaire des clients mécontents. Mais des attentats perpétrés par des personnes âgées font de Ben le suspect principal. Accompagné de sa tribu de frères et sœurs et d’un chien épileptique, il va mener de manière très dilettante son enquête.
Le récit est bien construit et nous présente la famille mais surtout le personnage de Benjamin Malaussène que Daniel Pennac a inventé et donné vie dans les années 80. L’enquête semble partir dans tous les sens et Benjamin quant à lui vit une vie sans pause entre histoires à raconter le soir au bord du lit, un chien paralysé et un chef qui l’accable de tous les maux, ce roman est tout simplement virevoltant.
Un style fluide qui donne au récit une dimension vivante et réelle aux personnages, nombreux qui tournoient autour de ce Benjamin. Attachant, Benjamin semble vivre nonchalamment mais la réalité le rattrape chaque jour et le promène ou plutôt le propulse d’un coin vers un autre à une vitesse vertigineuse.
Un très bon roman qui détonne et ouvre les portes à une saga familiale tonitruante.

Féerie générale – Emmanuelle Pireyre

Roxane a neuf ans, déteste la spéculation financière et se retire du monde en peignant le cheval des voisins. Sven, universitaire fantasque, abandonne sa thèse sur l’héroïsme contemporain. Batoule joue du violoncelle, porte un hijab et donne des conseils de mode halals. Dans un monde trop connecté, les vies se télescopent. Un désordre ambiant où le bonheur est à réinventer.

Ce livre n’est pas un roman, ni un essai, mais plutôt un amoncellement de textes, pour lesquels le lien est assez compliqué, peut-être même inexistant, tant il nous est difficile de discerner où l’auteure veut nous emmener.
Acheté pour le prix reçu, j’en sors assez déçu. Ce livre est un peu comme un cheveu sur la langue, une mouche dans la soupe, différent, pas complètement inintéressant, mais certainement où voulait en venir l’auteure, nous faire découvrir un ovni de la littérature. Bizarre et pourtant…
En revanche, l’écriture est d’une belle fluidité, qui nous permet de lire chaque page sans buter, sans ne pas avoir envie de continuer à lire. Bien écrit, l’auteure nous transpose dans son univers féérique par un style non pas hors norme, mais bien au-dessus de la moyenne, au-delà du niveau habituel. Et en toute honnêteté, on finit par prendre son pied à la lire même si l’histoire est abracadabrantesque (j’y suis arrivé !).
Original, trop, mais gros plaisir à la lire.

Le noeud de vipères – François Mauriac

noeudviperesVieil avare qui veut se venger des siens en les déshéritant, Louis se justifie dans une sorte de confession qu’il destine à sa femme : elle le précède dans la mort. Dépossédé de sa haine et détaché de ses biens, cet anticlérical sera touché par la lumière in articulo mortis.
Chronique d’une famille bordelaise entre l’affaire Dreyfus et le krach de Wall Street, Le Nœud de vipères offre les coups de théâtre, les surprises d’un vrai roman. La satire et la poésie y coexistent miraculeusement. C’est le chef-d’œuvre de Mauriac, et l’un des grands romans du XXè siècle.

C’est l’histoire d’un homme de soixante huit ans, arrivé au terme de sa vie et qui décide d’écrire une longue lettre à sa femme et ses enfants pour finalement raconter sa vie, montrer ses vrais sentiments et se jouer d’eux concernant l’héritage. Personnage contre la religion, vénal et matérialiste, travailleur, besogneux, aimé de sa mère, mal-aimé de ses pairs, de sa femme, de ses enfants, le récit nous délivre un caractère complet et complexe où se côtoient la haine comme l’amour. La lettre de confidence passe par des sentiments variés et des sensations contraires.
Ce personnage se fait haïr par le lecteur, mais parfois se fait comprendre et son point de vue relance la lecture, un personnage dont on aura des pensées mitigées. Compliqué et parfait.
Le style est fin, écrit avec une plume parfaite, ce roman est un pur chef-d’oeuvre qui se lit rapidement, trop peut-être, mais il faut reconnaître qu’une beauté littéraire est rare, et forcément trop vite lue.

Tueuses mais pas trop – Stéphanie Mesnier

tueusesQui n’a pas souffert de la présence, dans son entourage, d’un odieux personnage ? Supérieur hiérarchique pervers, belle-mère sadique, associé escroc… Comment se débarrasser de ces « encombrants », qui prennent plaisir à pourrir la vie de leur prochain, sans y perdre son âme et sa liberté ?
Quelques femmes – des esprits supérieurs et très inventifs – ont résolu la question. Réunies en une mystérieuse association, elles se consacrent aux cas extrêmes, dans un registre esthétique qui élève le crime au rang des beaux-arts.
Quand vous aurez fait leur connaissance, vous ne parlerez plus jamais de sexe faible.

Ce roman propose une alternative pour pallier au manque de courage des femmes pour se sortir des gens difficiles, les encombrants comme elles les appellent. Bien sûr, c’est un roman, à l’écriture légère, qui se lit facilement et rapidement. Ce groupe de femmes à la morale douteuse trouve un moyen radical pour aider ses semblables face des difficultés pouvant paraître insurmontable.
C’est finalement l’histoire d’une de ces femmes qui doit, pour se faire accepter dans cette secte différente, débarrasser un encombrant de l’une des membres en échange de se faire débarrasser de son encombrant par une de ses membres.
Mais cette jeune femme en est incapable, naturellement.
Alors sans ce côté assez comique et léger, l’histoire serait bien glauque, mais l’auteur sait fleurir la face sombre de ces amazones.
En somme, le roman est sympathique, divertissant, mais sans plus.

L’autre pays – Sébastien Berlendis

lautrepays« À cet instant, je sais que le périple italien ne s’aventurera pas plus au sud, comme si j’avais trouvé un pays à Craco, un pays certes sans ossements, sans tombes qui portent mon nom, sans murs de famille mais un pays tout de même. »

Dans ce récit charnel et poignant, Sébastien Berlendis nous invite à un voyage en Italie, à la recherche de traces familiales et amoureuses. Une traversée des lieux en une longue rêverie où affleurent des images, des visages, des paysages comme s’il s’agissait de photographies cadrées avec l’urgence du désir.

Ce nouveau roman de Sébastien Berlendis raconte son voyage dans l’Italie d’aujourd’hui, agrémenté de souvenirs d’enfances encore vivaces.
Le récit est mélancolique, et retrace un passé chargé d’émotions. L’auteur se remémore son passage dans ces villes chauffées par le soleil de l’été. Où se mêlent la chaleur du soleil, le vent sur la peau, les odeurs qui environnement les personnes, fortes et enivrantes. Il y raconte aussi la vie de sa famille, leur arrivée en France et leur amour pour ces deux pays. C’est la vie de beaucoup de familles italiennes du début du XXème siècle que la Grande Guerre poussera de l’autre côté de la frontière où ils se retrouveront en masse en Provence, dans le Var.
Ce récit est lié aux sens de l’enfance. C’est la madeleine de l’auteur, son Italie d’avant.
Le roman est court mais l’écriture est douce, pleine se sensualité, le texte est sensoriel. Un beau récit sur des moments de la vie contée avec une grande passion contenue, avec beaucoup de pudeur.

Je remercie Libfly et Stock pour ce partenariat.

logo-libflybis

Une dernière fois la nuit – Sébastien Berlendis

unedernierefois« Adolescent, j’attends les heures d’été. Que mon corps s’ouvre, se dilate, respire et se brûle. »

C’est la dernière nuit d’un homme, arrivé d’Italie après un long chemin. Ses poumons suffoquent. Il se souvient. 
De l’enfance et des premières crises d’asthme, du lac de Côme, de la mer de Trieste, du premier corps aimé… 
L’écriture de Sébastien Berlendis, mélancolique, sensuelle et envoûtante, agit comme un rêve éveillé dont on voudrait ne plus sortir.

Ce roman n’est pas à proprement parlé d’un roman habituel mais plutôt d’un récit. C’est le premier récit de l’auteur Sébastien Berlendis qui montre dans son écriture une grande maturité.

Ce récit décrit les réminiscences d’un Italien souffrant de crises violentes d’asthme. Il raconte son enfance, son père, sa mère, son premier amour, une autre malade dans le même centre de soins que lui. Il raconte ses sensations face à cette infirmité. L’écriture est belle, poétique, sensuelle.

Chaque page décrit un moment précis avec quelques lignes seulement à chaque fois pour nous faire ressentir cet instant magique pour cet homme qui vit avec comme seul espoir, vivre le plus longtemps possible, tout en sachant qu’il en mourra, avec des souffrances qui l’accompagneront jusqu’au bout.

En quelques phrases, nous nous retrouvons à ses côtés pour un moment, non pas malheureux, mais toujours empreint d’une forte émotion, d’où perle de l’amour, pour la vie, pour cette fille, Simona, pour la vie.

Cet homme ne regrette pas, n’en veut pas à la vie, ou à la maladie, cest un combat de tous les jours qu’il réalise avec beaucoup de courage. Une vie où chaque seconde de répit est importante, à vivre au maximum.

Un premier récit réussi aux émotions qui transpirent de chaque mot, de chaque lettre.

Je remercie Libfly et Stock pour ce partenariat.

logo-libflybis

Cosplay – Laurent Ladouari

cosplayADAMAS, milliardaire cynique et haï de tous, rachète une ancienne gloire de l’industrie au bord de la faillite : 1T. Le redoutable prédateur déclare vouloir la détruire. Cela n’a aucun sens. Le même jour, par un invraisemblable concours de circonstances, KATIE DÛMA parvient à se faire recruter par 1T. Comme les trois mille autres employés, KATIE est invitée à plonger dans l’univers virtuel du COSPLAY : un jeu de masques où chacun agit et communique sous le couvert de l’anonymat. Le COSPLAY n’a pas de règles : ce jeu de simulation prône une liberté totale. Protégé par son masque, chacun révèle sa véritable humanité : calomnies, délations et règlements de compte se déchaînent dans une explosion de violence sans précédent. Le COSPLAY est la bombe envoyée par ADAMAS pour anéantir 1T. Mais depuis l’intérieur du jeu, KATIE organise la résistance.
 
Cosplay est un roman qui se situe dans un futur proche et différent. Des catastrophes ont bouleversé le monde et seuls les habitants de la Capitale ont été épargnés. Un mur entoure la cité et au-delà de ce mur, la Zone, les populations s’entassent. Un requin de la finance, Zoran Adamas, rachète 1T, une société qui invente et fabrique des nouvelles technologies. Son objectif est de la détruire en obligeant les employés à jouer à un jeu vidéo, le Cosplay.
Il est difficile de résumer ce pavé tellement dense mais le récit, bien écrit, présente une multitude de personnages bien construit. Le rôle du jeu vidéo est très important dans cette histoire et va bien sûr bien au-delà du simple jeu. Il révèle les personnages du roman, les caractères, les talents, les compétences. En faisant participer des personnes à ce jeu, Zoran Adamas donne une chance aux employés de la société 1T de se montrer tels qu’ils sont, sous un masque. Premièrement, en choisissant le masque qu’ils voudront porter et quel héros ou personnage mythique par lequel ils souhaiteront être représentés, puis deuxièmement, sans la crainte de représailles dans le monde réel, dans l’anonymat, se révéler, être le poltron ou le meneur, être l’inventeur ou l’abruti.
Bien sûr, par ce roman, l’auteur émet une critique assez vive sur la société qui nous entoure. Il est possible qu’il persiste encore quelques entreprises dans lesquelles les bassesses permettent à des hommes et des femmes de progresser dans la hiérarchie malgré leur incompétence, mais j’espère qu’elles ne sont qu’une infime partie, en revanche, il est « agréable » de constater que le monde politique d’aujourd’hui fonctionne toujours comme au temps du moyen-âge. De bonnes connaissances, être l’héritier de, baisser son pantalon ou soulever la jupe, ont l’air d’être des pratiques courantes.
Finalement, l’auteur dénonce ces pratiques féodales pour un monde où la méritocratie y régnerait au détriment des mauvais et des escrocs.
Un roman qui se lit avec plaisir, qui donne envie que ce genre d’idées émerge et prenne son essor dans toutes les couches de la société, à tous les niveaux, dans les petites entreprises, dans la fonction publique ou dans quelques ministères. Il y en aurait bien besoin.
Un bon roman à lire, contrairement à ce que prétend le Videl du Nouvel Obs.
Je remercie Babelio et HC éditions pour ce partenariat.
babelio

Kaddish pour un orphelin célèbre et un matelot inconnu – Emmanuel Ruben

kaddishDeux hommes, une nuit de l’été 1957, en pleine guerre d’Algérie. Ils ont le même âge, sont nés dans la même région. Le premier, orphelin de père, vit loin de la géhenne coloniale. Il sait manier les mots : ses phrases sont comme des coups de poing. Le second, ancien matelot, est un homme plongé dans la misère et la violence du temps. Le premier s’appelle Albert Camus. Le second est le grand-père du narrateur. Ils sont « frères de bled et de tourment ».

Ce livre est un hommage, un magnifique hommage à l’homme qui fut son grand-père, mort pendant la guerre d’Algérie. Ce récit se refuse de devenir un roman, l’auteur recherchant l’authenticité. Il parle de cet homme qu’il n’a pas connu, dont sa mère n’a plus de souvenir. Ce kaddish est un retour aux sources, en Algérie, l’Algérie, colonie française, qui cherche à s’émanciper d’un état qui la fait ployer, qui l’humilie, qui ne la respecte pas. Ce kaddish est pour l’auteur une manière de remercier cet inconnu qu’est son grand-père. Ils ont le même sang, peut-être même se ressemblent-ils, et des questions qui le taraudent, il cherche une réponse, une explication.

Ce kaddish est écrit avec finesse, l’auteur manie les mots avec justesse, la lecture en devient délicieuse. Il en ressort un amour puissant, profond, hérité. Un amour pour ce pays d’Afrique, de l’autre côté de la Mediterranée, l’Algérie. Un amour pour la famille, le grand-père mort il y a très longtemps maintenant, la grand-mère qui vécut dans le deuil, et surtout pour sa propre mère, un hommage pour l’homme qu’elle n’a pas connu, tant adoré, mais qui ne revint jamais de cette guerre.

Emmanuel Ruben écrit tel un Tahar Ben Jelloun.

Je remercie Libfly et Les éditions du sonneur pour ce partenariat.

voiedesindes2013

L’ombre d’un écrivain – Condie Raïs

L-ombre-d-un-ecrivainIsabelle n’en peut plus du harcèlement permanent des fans du romancier Marc Mussaut, dont les livres sentimentalo-érotiques se vendent par conteneurs dans le monde entier. Elle le déteste. Si elle le pouvait, elle irait lui faire la peau. Et pourtant, elle va devoir lui servir de nounou. Faire de lui un homme. Et un écrivain, si possible. Parce que pour couronner le tout, ses best sellers, ce n’est même pas lui qui les écrit…

Marc veut devenir écrivain, il a des idées, mais pas de technique ni de style. Il habite l’appartement à côté de Condie Raïs, une femme alcoolique, qui fume cigarette sur cigarette, et qui vit avec deux chats psychopathes. Après en avoir en avoir parlé autour d’un verre, elle lui propose quelques jours plus tard un manuscrit auquel il ne reste plus qu’à ajouter des détails. Commence alors pour Marc une véritable ascension vers le succès.

Ce roman, assez court, est l’oeuvre d’une « auteure » que j’avais déjà lue et appréciée dans C4H402. Après le succès de ses nouvelles, elle en a tiré une histoire plus étoffée et ce roman a vu le jour. Les lecteurs des nouvelles reconnaîtront immédiatement les passages tirés des nouvelles mais ce déjà-vu ne persistent pas au delà de quelques pages.

L’ombre d’un écrivain est d’un style très fluide, il ne s’apesantit pas de détails inutiles et laisse au lecteur le loisir de s’amuser, il y a beaucoup d’humour dans ces pages, et de réfléchir sur la valeur de la vie et la recherche du bonheur.

Vous y trouverez un auteur à succès, malheureux, et une jeune femme, différente, sans le sou, mais heureuse, et face à eux deux, buveuse comme un trou, fumeuse comme un pompier, mélomane, Condie, qui joue avec les deux jeunes gens, avec leurs sentiments.

Un roman qui se lit avec beaucoup de facilité, avec un humour juste, pas trop et juste assez, une moralité empreinte de bon sens, et surtout qui sent le plaisir d’avoir été écrit.

Je remercie l’auteure, Condie Raïs, pour m’avoir fait parvenir son ouvrage dédicacé.

Il n’y a pas de sparadraps pour les blessures du coeur – François Szabowski

sparadrapsFrançois Chabeuf est un jeune homme doté d’un talent inné pour l’intrigue et d’une mauvaise foi à toute épreuve. Expert en manipulation, son seul désir est d’être entretenu. Il est parvenu à séduire une retraitée puis à chasser son mari pour s’installer avec elle, mais au jour le jour la cohabitation s’avère plus difficile que prévu. Sombrant dans la misère la plus complète, il fait alors la rencontre de Vera, une jeune femme russe à la dérive, aux yeux bleu vodka et aux secrets trompeurs. Cette rencontre change sa vie et, mû par un sens de l’héroïsme que nul ne soupçonnait, il se lance dans une quête rocambolesque, mêlant intrigue amoureuse, roman policier et humour au vitriol. François Chabeuf, l’antihéros mythomane des Femmes n’aiment pas les hommes qui boivent, franchit un nouveau palier dans la démesure, avec ce roman porté par un souffle épique et une frénésie euphorique.

Ce roman est le deuxième tome du copiste écrit sous la forme d’un journal intime où un individu du nom de l’auteur ( ? ), copiste de métier, nous raconte les péripéties de sa vie. Dans le premier tome, nous avions découvert le personnage. Calculateur et manipulateur, il est aussi mythomane et écrivain, mais je m’égare, et ne serait-ce pas la même chose en somme.

Dans ce deuxième roman du copiste mais pas le deuxième de l’auteur, nous suivons François dans la suite de ses aventures. Paranoïaque, il entraîne dans ses délires tout un groupe de gens à peine moins désœuvrés que lui. Après avoir fait le deuil de sa relation avec Clémence et la propriétaire de soixante ans, le voilà reparti dans une nouvelle histoire d’amour avec Vera, une belle jeune femme russe, ancienne artiste de cirque. Dans le même temps, son roman, celui d’un pan de sa vie, sort et se rendant compte qu’il est exploité par son éditeur négocie violemment une avance pour son deuxième roman, celui de son journal. Il exploite aussi les filles de Clémence qu’il retrouve presque par hasard et se lie d’amitié avec une bande de punks.

Ce roman est dans la veine du premier et notre anti-héros s’enfonce encore plus dans la délinquance et l’alcoolisme. Manipulateur et peureux, il finit par passer à l’acte de violence et de vandalisme. Il tombe réellement amoureux et voit enfin un avenir dans sa vie malheureuse mais qu’il s’évertue à croire fantastique. Le personnage est un merveilleux cas d’école pour les étudiants en psychologie et il serait curieux de savoir comment l’auteur s’est inspiré pour dénicher ce François.

Au fil des pages, il est des questions qui se posent irrémédiablement, d’où vient-il ?, mais le personnage y répond avec tellement d’humilité qu’on irait presque le plaindre, que veut-il réellement ?, et nous ne le comprenons réellement qu’à la fin, et est-il au moins une fois sobre ?, l’auteur ayant certainement des parts dans une petite distillerie de province spécialisée en alcool de prune ou de mirabelle.

L’écriture est toujours aussi fluide et use d’un vocabulaire assez relevé tout en étant dans un style simple mais efficace. San vouloir offenser François le personnage, je dirais qu’il y a du Jeunet dans ce roman.

Ce roman a été lu dans le cadre de la dixième édition Un éditeur se livre en partenariat avec Libfly et  Aux forges du Vulcain.

unediteurselivre10