La piste des templiers – William Dietrich

pistedestempliers1799 : Ethan Gage a suivi Napoléon dans sa campagne d’Égypte avant de gagner Jérusalem pour se mettre en quête d’un manuscrit trouvé par les Templiers lors des croisades. 1801 : de retour en France, après avoir joué les messagers lors de la bataille de Marengo, il rencontre un historien norvégien, Magnus Bloodhamme. Ce dernier lui fait part d’une étrange découverte. Il a reconstitué l’itinéraire des Templiers qui, en 1307, ont fui la France et les persécutions de Philippe le Bel pour se réfugier dans une abbaye cistercienne sur l’île de Gotland, en Scandinavie. Et ses recherches laissent à penser que ceux-ci, guidés par d’anciennes cartes vikings, auraient traversé l’Atlantique cent cinquante ans avant Christophe Colomb, pour mettre à l’abri un incroyable secret. Missionnés par Napoléon et Talleyrand afin d’asseoir auprès du président Jefferson l’alliance franco-américaine et de préparer la vente de la Louisiane, Ethan et Magnus traversent l’Atlantique et se retrouvent bientôt dans les territoires encore sauvages de l’Amérique, à la recherche d’une éventuelle présence templière. Ce qu’ils trouveront dépassera toutes leurs espérances.

Ethan Gage, est un apprenti savant électricien, espion à la solde des Français, des Anglais et des Américains, qui courtise les belles femmes. Ennemi puis ami de Napoléon, il couche avec sa soeur, mais l’empereur l’éloigne de sa famille en l’invitant à enquêter sur l’utilité de la Louisiane que la France récupère aux Espagnols.
Le voilà parti en compagnie d’un Norvégien en Amérique, à la poursuite du jardin d’Eden.
Le roman approche les 500 pages mais il a le mérite de se lire très facilement, l’écriture est l’un des atouts de cet auteur qui permet au lecteur d’avoir une lecture très fluide. Les quelques personnages qui transitent autour d’Ethan sont assez caricaturaux pour ne pas paraître surpris lors des rebondissements prévisibles.
Ethan Gage est un personnage qui n’est pas si attachant que ça. Il ne pense qu’avec ses pulsions primaires et papillonne d’une femme à une autre. De plus, alors qu’il peut paraître rusé, il n’en est rien, et cela en devient très décevant.
L’histoire quant à elle est assez molle, il ne se passe presque rien pendant une grosse partie du roman. Il faut attendre le dernier tiers, peut-être même le dernier quart, pour commencer à avoir de l’action.
En somme, ce roman est assez décevant alors que nous nous attendons par la promotion de son prix Pulitzer sur la couverture à découvrir un auteur et un roman irréprochable. Ce n’est pas le cas malheureusement.

Ce qu’il advint du sauvage blanc – François Garde

cequiladvintduAu milieu du XIXe siècle, Narcisse Pelletier, un jeune matelot français, est abandonné sur une plage d’Australie. Dix-sept ans plus tard, un navire anglais le retrouve par hasard : il vit nu, tatoué, sait chasser et pêcher à la manière de la tribu qui l’a recueilli. Il a perdu l’usage de la langue française et oublié son nom. Que s’est-il passé pendant ces dix-sept années ? C’est l’énigme à laquelle se heurte Octave de Vallombrun, l’homme providentiel qui recueille à Sydney celui qu’on surnomme désormais le « sauvage blanc ». Inspiré d’une histoire vraie, Ce qu’il advint du sauvage blanc a été récompensé par huit prix littéraires, dont le Goncourt du premier roman 2012.

Ou l’histoire de quand un homme civilisé rencontre l’univers sauvage et que de sauvage il redevient civilisé. Narcisse Pelletier est matelot sur le Saint-Paul, il a dix-huit ans. Il est abandonné sur une plage d’Australie et recueillit par une tribu de sauvage. Dix-huit ans plus tard, un navire anglais le recueille et le ramène. Octave de Vallombrun le ramène en France, espérant pouvoir raconter ce qu’il advint du sauvage blanc pendant ces deux décennies passées au sein d’une tribu d’Australie.
Le récit se découpe en deux parties imbriquées l’une dans l’autre pour suivre aussi bien la découverte du matelot par les anglais et son retour en France que l’arrivée de Narcisse Pelletier dans la tribu et son accueil. La première partie est descriptive et raconte la vie de tous les jours du matelot dans un univers complétement opposé au sien. La deuxième partie est le courrier qui permet au Vicomte de Vallombrun de rendre compte de ses découvertes à la Société de Géographie dont il fait partie.
L’histoire nous permet ainsi de découvrir comment un jeune homme se retrouve coupé de tout et comment il doit s’adapter à sa nouvelle vie. Elle nous permet de le retrouver près de vingt ans plus tard, n’ayant plus le souvenir de son monde d’origine et comment il découvre ce nouveau monde, loin du sien qui l’avait accueilli. Le récit est passionnant. On y découvre comment l’homme blanc se considérait par rapport aux autres peuples. On y trouve des indices sur les tribus nomades qui, contrairement à l’homme civilisé qui est prévoyant, vit au jour le jour. Mais aussi que quelque soit le degré de civilisations, l’homme reste un être discriminatoire envers le sexe « faible » et que seule l’intellectualisation, par l’éducation ou la féminisation, à outrance de notre société permet de pallier ce défaut que l’on pourrait définir presque comme « génétique ». Mais on s’écarte du débat et de la critique de ce roman. Il n’empêche que l’intérêt de ce livre est multiple et permet de découvrir deux sociétés opposées.
L’écriture est très fluide et la partie constituée du courrier de Vicomte est écrit simplement, sans tournure difficile, permettant au lecteur de s’imprégner de la teneur des avancées des recherches de cet explorateur passionné.
Un très bon roman, qui oblige le lecteur à une réflexion, résumée en quelques lignes dans les derniers paragraphes. Une aventure passionnante où Robinson rencontre l’indigène.

Vingt mille lieues sous les mers – Jules Verne

20000lieues« Vingt mille lieues sous les mers » est le chef-d’œuvre de Jules Verne : mieux qu’un récit de voyage, mieux qu’un roman d’aventures géographiques et scientifiques, mieux qu’une simple histoire de vengeance. Ou plutôt, tout cela ensemble, mais sublimé. Le poème de la mer, le drame de la révolte absolue, la dernière des grandes légendes romantiques, à jamais engloutie, à jamais conservée dans le silence des mers profondes.

Dans ce roman visionnaire de Jules Verne, un monstre aquatique rend les trajets maritimes dangereux. Une expédition est organisée à bord d’une frégate pour chercher, trouver et purger les océans de cette menace. Le professeur Aronnax, un français spécialisé dans le monde animal, est convié à y participer. Pendant plusieurs mois, les marins s’activent sur le pont de la frégate, sans succès. Et enfin, ils rencontrent le monstre qui reste à distance raisonnable. Mais le professeur se retrouve à l’eau avec son domestique. Ils sont alors recueillis par le monstre qui n’est autre qu’une machine fabriquée par les mains de l’homme et dont le commandant est le capitaine Nemo.

Jules Verne propose un récit fantastique, pour l’époque, une réflexion poussée, visionnaire, qui se révèle presque possible quelques décennies plus tard.

De longs paragraphes, quelques chapitres aussi, ne sont que données et chiffres, et paraissent être superflus, ennuyeux, mais tellement nécessaires au contexte. Hormis cet unique point négatif à relever dans la première partie de l’histoire, Jules Verne donne à son récit énormément de détails lui conférant une véritable authenticité, bien que sorti de son imagination, s’approchant à la frontière de la Science-fiction, il en résulte une grande et profonde réflexion de sa part pour arriver à s’approcher autant de la réalité qui sera connue et prouvée par la science plusieurs décennies plus tard. Son écriture est très fluide, très posée et travaillée. La lecture devient donc rapide, sans à-coups, elle devient un plaisir dans la découverte et la quête de ce professeur aux côtés de ce capitaine, bien que souvent nous nous retrouvions à lire un inventaire complet des fonds marins.

Puis, après une première partie d’exploration, nous assistons à revirement de situation. Le Nautilus doit affronter les dangers de la mer et des hommes, sans compter sur le personnage de Ned Land qui, tout au long de l’histoire ne pense qu’à s’enfuir.

Ce roman de Jules Verne est un magnifique roman d’exploration des mers du monde, des merveilles enfouies sous les eaux jusqu’au dénouement. La mer aura donné naissance au capitaine Nemo, et par son nombril, il s’en ira périr.

Un classique magnifique, à la lecture fluide et rythmée, un superbe voyage dans l’imaginaire. A découvrir absolument…

Je remercie Livres pour tous qui propose des classiques au format Ebooks gratuitement.

Pirates – Michael Crichton

pirates1665. La Jamaïque est un poste avancé de Sa Très Gracieuse Majesté, une petite colonie perdue au milieu des immenses possessions de l’empire espagnol. Port Royal, capitale de l’île, un véritable coupe-gorge où se bousculent les tavernes, les rhumeries, et autres bordels, n’est pas un endroit où s’établir si l’on veut vivre centenaire. Quand ce ne sont pas les maladies tropicales, un poignard où une hache plantés dans votre dos peuvent interrompre votre vie à tout moment. Du point de vue du capitaine Edward Hunter, cependant, la vie sur l’île est riche de promesses. Il faut juste s’y entendre un peu en matière de piraterie. Et savoir par exemple qu’au nom du roi Charles II d’Angleterre, sur tout galion mal défendu, l’or espagnol peut être saisi. Dans ces eaux, ceux qui possèdent l’or font la loi.
À Port Royal, la nouvelle circule bientôt que El Trinidad, un navire regorgeant de trésors en provenance de la Nouvelle-Espagne, est à quai dans le port voisin de Matanceros. Cette possession espagnole réputée imprenable est gouvernée par le sanguinaire Cazalla, l’un des chefs militaires favoris du roi d’Espagne, Philippe IV. Hunter met rapidement sur pied une petite équipe qui aura la mission de s’infiltrer dans l’île ennemie pour s’emparer du galion espagnol. L’aventure sera plus périlleuse encore qu’on pouvait s’y attendre, et Hunter perdra plus d’un homme avant de devoir se rendre en personne sur les rivages de Matanceros, où la jungle et les canons de l’infanterie espagnole s’interposeront encore entre lui et El Trinidad.
Avec l’aide de ses hommes et laissant quelques cadavres dans son sillage, Hunter parvient finalement à mettre la main sur le galion et échapper à l’impitoyable Cazalla, mais ses malheurs ne font que commencer.

A l’époque de la conquête des Amériques par les Anglais et les Espagnols, le gouverneur britannique de Port-Royal participe financièrement à des expéditions maritimes. Les Corsaires ne font pas de piraterie, ils pillent, violent et brûlent pour la Couronne, respectant des règles dictées tacitement. Le Capitaine Hunter souhaite prendre une citadelle espagnole, inexpugnable. Il se lance à bord du Cassandra, avec son équipage hétéroclite, mais rapidement, rien ne se passe comme prévu. Pendant leur trajet, un navire de guerre espagnol les capture.

J’avoue prendre énormément de plaisir à lire ce genre de récit, comportant le vocabulaire propre aux marins, on se retrouve très rapidement emporté par l’histoire. Après quelques chapitres indispensables pour comprendre les conditions géopolitiques des port et des comptoirs dans les caraïbes, en prenant place aux côtés de Sir James, gouverneur de Port-Royal, puis du Capitaine Hunter, nous découvrons ensuite la dure vie des marins à bord des petits ou grands navires de cette époque. Une vie bien difficile, tenaillée entre la faim et la maladie, la condition humaine n’est guère respectée, seul le talent compte.

La quête du Capitaine Hunter est épique, faite de batailles, de tempêtes et de trahisons. Le goût de la mer sur les lèvres, le soleil brûlant des Caraïbes sur la peau, un récit entraînant, haletant, aux vrais airs de pirates.

L’île au trésor – Robert Louis Stevenson

ileautresorTout va changer dans la vie du jeune Jim Hawkins le jour où le « capitaine », un vieux forban taciturne et grand amateur de rhum, s’installe dans l’auberge de ses parents, à « L’Amiral Benbow ». Jim comprend vite que cet étranger n’est pas un client ordinaire. En effet, lorsqu’un effrayant aveugle frappe à la porte de l’auberge isolée, apportant au marin la tache noire symbole des pirates et synonyme de mort, la chasse au trésor a déjà commencé !

Le jeune Hawkins aide ses parents à tenir une auberge sur la côte. Ils accueillent Billy, un vieux loup de mer bougon, mais ce dernier reçoit un avertissement d’une bande de malotrus menés par Pew, un aveugle, et meurt dans les instants qui suivent. Hawkins accompagné de sa mère fouille alors le coffre de Billy et découvre un mystérieux paquet. Après avoir fui la bande de pillards de l’aveugle Pew, il se retrouve chez le châtelain en présence du Docteur Livesey à découvrir dans ce paquet une carte menant à un trésor. Le châtelain décide de monter une expédition et quelques semaines plus tard, à Bristol, l’Hispaniola appareille. L’équipage est au complet mais les apparences sont trompeuses, et le cuisinier à la jambe de bois, Long John Silver, n’est peut-être pas celui que l’on croit.

L’un des principaux atouts de ce roman est la fluidité de l’écriture qui coule au gré des courants sans résistance. Dès les premières pages, le récit est entraînant, haletant, épique et le personnage principal, Jim Hawkins est particulièrement intéressant à suivre. Il est facile pour le lecteur de s’identifier à ce jeune héros. Un adolescent aux traits de caractère faits de paradoxes, il est peureux, mais téméraire, irréfléchi parfois, prend le temps de peser le pour et le contre d’autres fois. Il devient alors extrêmement aisé pour les jeunes lecteurs de s’identifier à ce garçon enthousiaste qui a des défauts, mais qui a un bon cœur, est généreux et fait preuve d’initiative irraisonnée. Aussi, Stevenson propose un texte qui sent l’aventure, facile à lire, mené à un rythme passionné.

Un classique de la littérature pour les jeunes et les moins jeunes, à découvrir ou à redécouvrir, à nous faire rêver, sur le pont d’un navire, entouré de pirates.