Déclaration universelle des droits de l’homme illustrée – Collectif

declarationDébut 2015, en réaction à l’attentat de Charlie Hebdo, les Éditions du Chêne ont décidé de publier la Déclaration universelle des droits de l’homme en beau livre illustré.

Le propos : relire ces 30 articles capitaux à la lumière d’illustrations qui rappellent l’importance et la force de l’image.

Trente-deux artistes contemporains illustrent les 30 articles de la Déclaration universelle des droits de l’homme et donnent corps à ce texte fondamental, pilier de notre patrimoine.

Liberté, égalité, éducation, vie privée… Autant de thèmes essentiels également explicités au travers d’une sélection de textes d’écrivains, philosophes ou hommes politiques d’hier et d’aujourd’hui.

Suite aux attentats du 13 novembre, les Éditions du Chêne ont décidé de publier dès le 7 décembre 2015 une version poche à 2,90 de ce beau livre pour le rendre accessible au plus grand nombre.

Petit livre pour un petit prix, mais d’une valeur inestimable. Le texte, original, sans commentaire, est fondamental. Je ne retiens uniquement que pour rester en paix, il faut vivre sereinement sans imposer quoi que ce soit à qui que ce soit, tout simplement.
Les illustrations, elles, sont de dessinateurs différents, venant d’univers tout aussi différents. On y retrouve des styles très contemporains comme des genres plus passées, certains ont fait de la publicité, d’autres moins, mais le résultat nous permet de reconnaître un texte de la Déclaration par son illustration.
Certaines, d’ailleurs, sont frappantes de réalisme, dans le ton de l’actualité, mais d’autres sont, et je les apprécie moins, plus frappées d’un sceau politique, facile dans notre époque bousculée.
L’idée est très bonne, le choix de certains illustrateurs moins, mais l’ensemble n’est pas à remettre en cause en cette période troublée.

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Authentiquement français – Bruno Roger-Petit

authentiquementfrancaisAuthentiquement français est le journal de Philippe, un proche de François Mitterrand. Pendant cinquante ans, entre ombre et lumière, il a croisé, aux côtés de François, Pétain, Laval, Céline, Drieu la Rochelle, de Gaulle, Clouzot et bien d’autres… Il sait de quoi il parle. Confident privilégié depuis les années de jeunesse, il revient sur l’itinéraire politique incroyable de son camarade. Il explique pourquoi le jeune étudiant de Sciences po, catholique social, un temps séduit par le colonel de la Rocque, qui a connu les vicissitudes de la  « pétaudière de Vichy » , est devenu un adversaire farouche de la droite française, au point de la haïr. La conclusion de l’ami est sans appel : le 10 mai 1981 est une revanche sur le 10 mai 1940, la revanche du peuple trahi par la bourgeoisie dans les années 1930 et livré à l’Allemagne nazie en 1940.

De cette position privilégiée d’intime, Philippe assiste aux coulisses des élections. La lutte contre Rocard, la bataille contre Giscard, rien ne lui échappe de tous les épisodes qui vont mener jusqu’au 10 mai 1981. Jour après jour, il rapporte les propos de son ami, mais il note aussi les agissements des uns et des autres, dont il est le témoin direct ou indirect, de Giscard à Jospin, en passant par Fabius, Séguéla, Coluche, Barre, Marchais, Chirac, Debré, Peyrefitte et Elkabbach…

François Mitterrand peut-il être élu en 1981 ? Et quel est le secret qui le lie à Philippe, le narrateur retiré de la vie publique depuis si longtemps ?

Avant de commencer cette chronique, je tiens à remercier BoB et les Editions Héloïse d’Ormesson pour ce partenariat.

J’avoue ne pas être très passionné de politique et encore moins d’hommes politiques qui ne sont plus de ce monde, et c’est donc avec une certaine réticence, quelques a priori même, que j’ai entamé ce livre.

Dés les premières pages, j’ai été emporté dans le flot de l’action d’une campagne pour les élections présidentielles, celle de 1981, du côté de François Mitterrand. On suit, presque jour après jour, le déroulement de cette campagne jusqu’à son aboutissement tiré d’un journal écrit par un ami proche, Philippe, qui nous relate ses rencontres et entretiens téléphoniques avec François, comme il le nomme tout le temps. Il a le recul d’un homme qui s’est éloigné de la vie publique et nous décrit ce qu’il voit, ce qu’il en pense. Nous apprenons qu’il a trois grands garçons et de cette façon comment les jeunes à cette époque percevaient cette campagne.

J’ai trouvé très intéressant ce journal qui nous enseigne énormément de détails sur cette époque, le début des années 80, les modifications sociales que tant redoutaient et qui aujourd’hui font partie de notre quotidien. Il vous pousse même mais doucement à apprécier le personnage de François Mitterrand qui se sentait profondément concerné par le sort des français.

Il y a un point qui m’a particulièrement touché. François Mitterrand avait, par son passé certainement, un profond respect pour les gens, quels qu’ils soient. Alors que le peuple français, d’après les sondages de l’époque, approuvaient la peine de mort, il a été le premier pendant une campagne difficile à annoncer la suppression de cette aberration. Il aura fallu attendre 1981, dans le pays des Droits de l’Homme, qu’un homme s’oppose fermement à la guillotine. C’est pour cette forme de courage que François Mitterrand a gagné le respect de tant de gens et au moins un peu du mien.

L’auteur nous transporte à une époque bien lointaine pour les nouvelles générations mais Historique. Ecrit avec une écriture fluide. Une oeuvre facile à lire et passionnante sur un sujet pourtant difficile et surtout, dans l’air du temps.

Je remercie BoB et les Editions Héloïse d’Ormesson.

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