Le dilemme du prisonnier – Richard Powers

ledilemmeFin des années 1980, DeKalb, Illinois. Eddie Hobson, Ailene, et leurs quatre enfants, ont toujours formé un clan très soudé. Mais lorsque Eddie est frappé par une étrange maladie, la mécanique familiale se dérègle et les secrets de ce père pas comme les autres font peu à peu surface. Pourquoi ce professeur d’Histoire charismatique a-t-il élevé ses enfants, aujourd’hui adultes, dans l’amour de la culture, du divertissement des énigmes et des jeux d’esprits, en les tenant toujours éloignés des réalités de leur temps ? Et quelle est cette longue histoire qu’il élabore depuis près de trois décennies derrière une porte close ? Alors qu’Eddie s’est enfui de l’hôpital pour une destination inconnue, le plus jeune de ses fils, Eddie Jr, part à sa recherche. Petit à petit, l’histoire du père se dévoile et avec elle, c’est tout le XXe siècle qui défile, de l’exposition universelle de New York en 1939 aux essais nucléaires de Los Alamos, en passant par un projet grandiose de Walt Disney, destiné à entretenir l’optimisme des populations durant la Seconde Guerre mondiale. Dans cet éblouissant roman polyphonique, Richard Powers s’intéresse à l’industrie du divertissement, de Hollywood à Disneyland, et questionne notre besoin d’évasion. Il nous montre, à la lumière d’un demi-siècle d’une histoire passionnante, comment ce qui nous édifie, que ce soit la famille ou la culture, nous emprisonne également.

Le dilemme du prisonnier est un roman américain de la fin des années 80, traduit pour la première fois en français. Il raconte la vie d’une famille, avec au centre un père et mari, ayant une emprise psychologique pacifiste et intellectuelle sur les membres de sa petite communauté. Le récit débute alors qu’il est, apparemment, gravement malade. Entre réminiscences des uns et des autres, et la vie de tous les jours, le calvaire d’un homme prisonnier de son corps et la famille souffrant de ne pas satisfaire le père dans ses jeux verbaux délirants.

Autant l’avouer immédiatement, ce roman n’est pas intéressant. Et dans « intéressant », il y a « intérêt », et l’histoire ne présente aucun intérêt au yeux du lecteur. Dans les premières pages, on recherche la trame, arrivé au tiers, difficilement par ailleurs, on ne l’a toujours pas trouvé. L’histoire est complétement absurde. Le père s’amusant à faire souffrir sa famille, une femme complétement passive et des enfants devenus adultes cherchant des miettes de reconnaissance paternelle. C’est complètement sans intérêt, le genre de roman qui vous dégoûterait de la lecture tellement c’est ennuyeux.

De plus, le style est assez lourd et les longueurs sont monnaie courante au point que très régulièrement, arrivé à la fin du paragraphe, vous vous demanderez comment vous en êtes arrivés là. Pour preuve, je n’ai pas encore digéré la liste des courses que Ailene, l’épouse, réalise dans sa cuisine. Cette liste s’étale sur des pages et des pages, et nous avons droit à des mots qui font des phrases, des phrases qui font des paragraphes, et le tout sans queue ni tête.

En somme, une fastidieuse découverte d’un auteur américain qui dans les premières pages peut faire penser à Tom Robbins, mais qui rapidement vous fait comprendre qu’il y a une grande différence entre un maître et un adepte.

Ce roman a été lu dans le cadre de l’opération On vous lit tout en partenariat avec Le Furet du Nord et Libfly.

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Gatsby le magnifique – Francis Scott Fitzgerald

gatsby« S’il faut dire la vérité, Jay Gatsby, de West Egg, Long Island, naquit de la conception platonicienne qu’il avait de lui-même. Il était fils de Dieu — expression qui ne signifie peut être rien d’autre que cela — et il lui incombait de s’occuper des affaires de son Père, de servir une beauté immense, vulgaire, clinquante. Aussi inventa-t-il la seule sorte de Jay Gatsby qu’un garçon de dix-sept ans était susceptible d’inventer, et il demeura fidèle à cette conception jusqu’à la fin. »

Avant de commencer cette chronique, je tiens à remercie Livraddict et les éditions Folio.

Gastby le magnifique est un roman à la première personne, Nick Carraway, qui habite la maison voisine à celle de Jay Gastby. Dans les années aux Etats-Unis, où les fortunes se font et se défont, Nick essayent de s’insérer sans beaucoup de conviction dans les milieux aisés de la banlieue New-Yorkaise. Il se lie d’amitié avec Gatbsy qui organise de fastueuses soirées et tente de retrouver son premier amour.

Ce roman traite de l’insouciance de gens riches à cette époque où aux Etats-Unis. Le personnage de Nick est très peu approfondi, laissant la part belle aux autres personnages qui orbitent autour de son ami Jay Gatsby. Des secrets enfouis, des rumeurs font de cet homme un mystère pour toute la jet-set de l’époque.

L’auteur prouve encore une fois quel talent il avait grâce à son écriture légère et… insouciante, nous faisant ressentir encore plus intensément le caractère si particulier et l’ambiance débauchée de cette époque dans ce milieu de jeunes riches à qui tout réussit. Ce roman est presque comme un témoignage des Etats-Unis des années 20 et 30 et j’ai eu beaucoup de plaisir à le lire et à retrouver des similitudes avec De l’eau pour les éléphants de Sara Gruen.

L’auteur nous raconte aussi le rêve américain grâce à ce Jay Gatsby qui démarre de rien et arrive à devenir un homme influent au point d’arriver à truquer le championnat de base-ball. Ce rêve que tous les résidents de ce grand pays ont mais que peu parviennent à réaliser, et cette jalousie aussi des nantis nés avec une cuillère en argent dans la bouche.

Un beau roman sur la société américaine qui se lira facilement, rapidement et avec beaucoup de plaisir.

Un auteur qui ne déçoit jamais et qui dans cette traduction inédite nous permettra de le retrouver avec un nouvel intérêt.

Je remercie Livraddict et Folio pour ce partenariat.

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De l’eau pour les éléphants – Sara Gruen

eauelephantsCe roman pas comme les autres a une histoire exceptionnelle : en quelques mois, il a fait d’un auteur inconnu un véritable phénomène d’édition, le coup de coeur de l’Amérique. Durant la Grande Dépression, dans les années 1930, les trains des petits cirques ambulants sillonnent les États-Unis. Jacob Jankowski, orphelin sans le sou, saute à bord de celui des frères Benzini et de leur « plus grand spectacle du monde ». Embauché comme soigneur, il va découvrir l’envers sordide du décor. Tous, hommes et bêtes, sont pareillement exploités, maltraités.
Sara Gruen fait revivre avec un incroyable talent cet univers de paillettes et de misère qui unit Jacob, Marlène la belle écuyère, et Rosie, l’éléphante que nul jusqu’alors n’a pu dresser, dans un improbable trio.
Plus qu’un simple roman sur le cirque, De l’eau pour les éléphants est l’histoire bouleversante de deux êtres perdus dans un monde dur et violent où l’amour est un luxe.

De l’eau pour les éléphants raconte la vie dans les cirques des années 30 aux États-Unis. Jacob est étudiant, et souhaite devenir vétérinaire comme son père. Mais un jour, ses parents décèdent dans un accident de voiture. En pleine crise, l’héritage de Jacob est inexistant. Il fuie la ville et grimpe de nuit dans le premier train qui passe. Au matin, il se rend compte que ce n’était pas n’importe quel train. Il transporte un cirque d’une ville à une autre en traversant les États-Unis. Jacob est employé comme manœuvre et rapidement devient le vétérinaire. Il se lie d’amitié avec Kinko, un nain, et tombe amoureux de Marlène, la femme d’August.

Jacob raconte sa vie de ses quatre vingt dix ans, en maison de retraite. Il se remémore dans ses rêves cette partie de son existence difficile et pourtant si heureuse. Ce roman nous plonge dans le monde si particulier des forains, ses nomades qui offrent du plaisir aux « paysans ». Dès les premières pages, nous nous  immergeons dans cet univers à double face, la première, superbe pour les spectateurs qui s’émerveillent devant les artistes et les animaux du monde, l’autre, la seconde, sombre et cruelle, où les vieux chevaux sont donnés en pâture aux lions.

Par une écriture fluide, Sara Gruen vous tient en haleine dans le quotidien de ces gens du voyage qui contre quelques piécettes vous en mettent plein la vue. Les personnages sont travaillés et les descriptions sont précises. Jacob est un jeune homme plein d’entrain que la mauvaise fortune a mis sur le chemin de ce cirque. Ces rêves sont les derniers d’un vieil homme qui se bat dans un corps décrépi et qui le lâche malgré son combat pour garder toute son autonomie.

La vie à cette période nous fait ressentir les odeurs animales et la faim des hommes, nous fait découvrir la violence physique mais aussi celles de leurs conditions de tous les jours, lorsque les employés dorment entassés dans les wagons surchargés à quelques mètres à peine des chevaux, les sentiments les plus durs comme l’indifférence la plus totale pour les plus faibles qui se font jeter du train alors en marche, et les sentiments les plus beaux comme ce jeune homme qui défend ses amis.

De l’eau pour les éléphants est un magnifique roman retraçant la vie dans les cirques il y a près d’un siècle aux États-Unis, avec l’apparence de paillettes cachant la misère et au milieu, un jeune homme perdu qui marque de son empreinte, par ses actes les plus simples, la vie des gens qui l’entourent.

A lire absolument…

Je remercie Marmelade de livres pour sa gentillesse.

Le club – Leonard Michaels

leclubPas facile d’être un mâle, quelques années après la révolution sexuelle. Alors pourquoi ne pas imaginer un club où se retrouver entre hommes, rien qu’entre hommes ? Un soir, à la fin des années 70, quelques spécimens de la classe moyenne américaine se donnent rendez-vous. Très vite, ils parlent des femmes. D’amour, éventuellement. Et de sexe, bien entendu…

Avant de commencer ce billet, je tiens à remercier Libfly et Points pour ce partenariat. Ce roman a été lu et commenté dans le cadre de l’opération « Un livre, un(e) Mordu(e), une critique ! ».

Un groupe d’hommes décide de se réunir chez l’un pour fonder un club ouvert uniquement aux hommes. Ce club a pour objectif tacite de réunir des hommes pour discuter, s’occuper, loin des préoccupations familiales et des femmes. Mais au lieu de parler de tout et de n’importe quoi, ils discutent de femmes et d’amour.

Ce roman court est une sorte de huis clos où sont enfermés plusieurs hommes d’âge différent et de situation différente. Il travaille tous, mais l’un est avocat, l’autre est professeur. Physiquement aussi, ces hommes sont tous différents. Du petit chauve un peu frêle au grand gaillard costaud, ancien joueur professionnel, le paysage est posé. Un groupe se réunit assez disparate, pour parler. Mais parler de quoi ? La femme, la femme en général, ou la femme en particulier, l’individu même qui est au centre de leur préoccupation. Ils ont tous des idées sur le sujet, certains les respectent, d’autres s’en moquent, mais personne ne peut s’en passer. A la manière d’une thérapie, ils racontent celles qui les ont marquées. Ils sont là, autour d’une table, en train de se souvenir, de raconter, et de se justifier aussi, mais chaque fois, c’est avec beaucoup de tendresse.

Dans ce roman, on y trouve finalement une sorte d’analyse de l’homme du XXème siècle. Il ne se juge pas par rapport à leur vie professionnelle, ou à combien gagnent-ils, ou que possèdent-ils, mais par rapport aux relations qu’ils ont avec les femmes.

Le club démarre lentement, en devient presque ennuyeux sur les trente premières pages, puis rapidement, il devient indispensable de continuer. L’ambiance un peu lourde du début fait place à un truculent récit. Finalement, le roman est passionnant, les personnages sont forts en caractère et en différences physiques les uns par rapport aux autres, sans faire de caricatures, ils sont vrais. Leonard Michaels mène cette thérapie d’une écriture fluide, avec beaucoup de passion. Le club est très bon roman, court et plein d’émotions.

Je remercie Libfly et Points pour ce partenariat.

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L’étrange histoire de Benjamin Button – Francis Scott Fitzgerald

benjaminbuttonDès sa naissance, loin d’être un beau poupon joufflu, Benjamin Button ressemble à un vieillard voûté et barbu ! Ses parents découvrent peu à peu qu’il rajeunit chaque jour : de vieillard il devient un homme mûr, un jeune homme, un enfant… Bénédiction ou malédiction ?
Sous la fantaisie et la légèreté perce une ironie désenchantée qui place Fitzgerald au rang des plus grands écrivains américains.

Cette nouvelle, adaptée au cinéma, est d’une très grande originalité. Publiée la première fois en 1922, l’auteur a fait preuve d’une grande inspiration pour concocter cette histoire hors du commun. Benjamin Button naît vieux. Il a l’apparence d’un vieil homme de soixante dix ans et toute sa vie, il va rajeunir pour finalement redevenir un nourrisson. Sa vie est inversée et ne sera faite que d’anecdotes poignantes. Sa famille, ses amis, les inconnus voient un homme qui ne fait pas son âge. A vingt ans, il en paraît cinquante, et à cinquante, il en paraît vingt. L’auteur nous propose une écriture très fluide et sans aucune lourdeur. Je n’ai qu’un seul regret, la longueur bien trop courte de l’histoire de la vie de Benjamin Button. J’aurais préféré lire un roman de quelques centaines pages au lieu d’une cinquantaine tout au plus.

La deuxième nouvelle, La lie du bonheur, raconte l’histoire d’un jeune couple très amoureux, lui est écrivain, elle est actrice. Au bout d’une année, il tombe très malade, et rapidement perd l’usage de toutes ses facultés. C’est une épopée douloureuse pour cette belle jeune femme qui, jusqu’à la mort de son mari, reste présente et disponible pour son amour. Il fait ressentir la souffrance sourde et invisible de l’être cher qui disparaît dans sa maladie puis dans la mort, laissant une belle fleur, mais fanée. Une magnifique nouvelle qui vous fera lire le calice du bonheur jusqu’à la lie.

Losers-nés – Elvin Post

losersnesWithers est un caïd de la drogue, Romeo est bien placé pour le savoir : il a grandi à ses côtés, jusqu’à devenir un de ses guetteurs. Aujourd’hui, Romeo vend des magazines d’occasion sur un bout de trottoir de la 6è Avenue. Il a trouvé un boulot qui lui plaît, et vient de tomber amoureux d’une cliente qui passe chaque jour devant son étal de revues… Enfin, le destin semble lui sourire.

Jusqu’au jour où Sean Withers réapparaît, pour lui proposer de « parler un peu ». Le frère de Romeo, à peine sorti de prison, s’est à nouveau empêtré dans les magouilles criminelles de Withers. Romeo, cédant peu à peu à la panique, commet un faux pas irréversible, et plongera tout ce petit monde dans une impitoyable guerre des gangs.

Avant de commencer cette chronique, je tiens à remercier Libfly et les Editions Seuil pour ce partenariat.

Nous nous retrouvons aux Etats-Unis, dans la rue avec un noir qui pour survivre travaillait il y a encore quelques semaines pour un puissant malfrat, mais qui pour s’en sortir suite à l’incarcération de son frère, change d’orientation professionnelle pour vendre des livres d’occasions. Entre règlements de compte, histoires d’amour pourries et trahison, la police essaye de mener son enquête pour faire tomber un gros bonnet.

Les descriptions physiques des personnages, concises, sont frappantes de vérité. Et on se prend facilement à s’imaginer être aux côtés de Sean dans sa Mercedes. Les dialogues sont succulents, au point d’avoir l’impression d’être entre les deux frères Easley avec une caméra par exemple, ou lorsque Vivian parle de son Zebra. Le comique des situations grâce une technique bien rôdée de l’auteur pour les dialogues nous fait prendre de réels bons moments.

Vous l’aurez compris en lisant ces quelques lignes, l’attrait du roman passe par le travail sur les personnages. Et c’est un vrai plaisir que de suivre l’enquête dans la tête des différents personnages, du jeune un peu naïf, au chef d’entreprise paranoïaque, en passant par la fille un peu simple mais sincère.

Alors, malgré une couverture peu attrayante, ce roman m’a fait découvrir un auteur à l’écriture fluide et sans lourdeur. Un roman que je n’hésiterais pas à conseiller autour de moi. Un bon roman qui se laisse dévorer facilement.

Je remercie Libfly et les Editions Seuil.

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Polynie – Mélanie Vincelette

polynieOn a retrouvé le corps sans vie de Rosaire Nicolet dans une chambre d’hôtel de la ville d’Iqaluit, une toute petite bourgade près du cercle polaire. Qu’est-il arrivé ? Tout le monde aimait Rosaire, cet ardent défenseur de la cause des Inuits, ce robuste gaillard toujours joyeux, ce beau parleur qui racontait aux dames de si jolies histoires. Quand il apprend cette mort, Léandre est bouleversé. Il part à Iqaluit reconnaître le corps de son frère. Mais une fois sur place les certitudes de Léandre fondent comme neige au soleil. Sans être un parfait salaud, Rosaire n’était pas un ange non plus. Sa mort demeure étrange…

Avant de commencer cette chronique, je tiens à remercier Livraddict et Robert Laffont pour ce partenariat.

Dans le grand nord canadien, un homme apprend que son frère vient de mourir, certainement assassiné. Il relate ses souvenirs qu’il a avec son défunt frère, sa timidité avec les femmes, et cette carte volée par un ancêtre dont la victime aura laissé un indice sur son bras.

L’auteure nous fait découvrir une région, l’île de Baffin, où se déroule le roman avec des anecdotes, la beauté des paysages mais aussi la vie des autochtones.

Ses réminiscences nous permettent de comprendre et d’apprécier Ambroise, le personnage principal, et Rosaire, le frère décédé, et s’accaparent la première moitié du roman.

L’enquête débute réellement, alors qu’il s’interroge déjà sur le mobile du meurtre, lorsqu’il rencontre une journaliste qui lui fait visionner une vidéo concernant l’interrogatoire du suspect qui n’est d’autre que la petite amie.

Le roman de deux frères au caractère opposé. L’enfance, l’adolescence, les relations avec les femmes, le travail, tout y passe, Ambroise raconte sans pudeur, sans se cacher quoi que ce soit, son amour fraternel pour ce frère meneur, à qui la vie souriait, mais qui finit refroidi dans une chambre d’hôtel, et il se raconte, lui, l’éternel suiveur.

Polynie, c’est aussi la vie chez les peuples arctiques. La profondeur du blanc des neiges qui ne fondent jamais, des jours qui n’en finissent, et des nuits longues de plusieurs mois. C’est aussi la faune dangereuse, mythique, avec ces licornes des mers ou ces ours polaires au pelage immaculé.

Ce roman, c’est aussi beaucoup de réflexion de la part de l’auteure sur la vie et l’objectif que chacun veut lui donner. J’ai eu beaucoup de plaisir à la découvrir en lisant ces pages, à les recopier aussi.

Un roman à l’écriture belle et soignée, facile à lire, qui se dévore littéralement.

Je remercie Livraddict et Robert Laffont pour ce partenariat.

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Icelander – Dustin Long

icelanderC’est jour de fête à New Crúiskeen : on honore la mémoire d’Emily Bean, la célèbre enquêtrice, pourfendeuse du mal et redresseuse de torts. Mais la veille, Shirley MacGuffin a été assassinée ; tous s’attendent à ce que Notre Héroïne, meilleure amie de la défunte et fille d’Emily Bean, se charge elle-même de l’enquête. Sauf que Notre Héroïne se moque bien de pourfendre le mal et de redresser les torts… Pourtant, bien qu’elle n’ait aucune envie d’affronter les redoutables Refurserkir, guerriers mystiques du Vanaheim, elle va devoir reprendre du service.
Hommage étourdissant aux pulps et à la mythologie nordique, entre Pynchon et Jasper Fforde, Icelander comporte en outre un auteur nabokovien, un duo de détectives métaphysiques, un royaume souterrain situé sous l’Islande et une scène mémorable de karaoké scaldique.

Avant de commencer cette chronique, je tiens à remercier Babelio et Asphalte pour ce partenariat Masse Critique.

Icelander c’est un Tarantino littéraire, le Pulp Fiction qui se lit. L’histoire démarre tout de même sur une intrigue, le meurtre d’une femme, l’ami de l’Héroïne. Une Héroïne qui ne sera jamais nommé d’ailleurs. D’un prélude qui fait le tiers du livre, nous menant dans des références sur une oeuvre littéraire qui n’existe pas, à des personnages qui ne sont que fictifs, on part ensuite sur une enquête hachée par les points de vue différents des personnages avec des passages qui n’ont rien à voir avec l’histoire, ou alors de loin. Et on finit sur la découverte, par hasard quand même, du meurtrier et d’un dieu humain, ou d’un humain qui se prend pour un dieu « avec une nouvelle fluidité dans son élocution ».

L’auteur nous prend sur le fil, et nous tient la main jusqu’au bout. L’exercice est difficile et il y arrive merveilleusement bien, alors qu’il aurait pu nous lâcher, nous nous serions écrasés lamentablement dans une totale incompréhension de son oeuvre. Jusqu’à la dernière page, je me suis demandé « mais qu’est ce que c’est que cette histoire » et pourtant, j’y ai pris énormément de plaisir. L’écriture est très fluide et facile à lire. Un roman décalé pour ceux qui veulent s’amuser.

Je remercie Babelio et Asphalte.

babelio

Refuznik – David Bezmozgis

refuznikFuyant Israël pour échapper à un scandale politique, Baruch Kotler n’imaginait pas un seul instant l’extraordinaire rencontre qui l’attendait : face à lui, dans un petit meublé miteux de Yalta, Vladimir Tankilevitch. Son ancien camarade de chambre à Moscou. Le traître.
Trente ans ont passé mais la blessure est toujours béante : Vladimir était son ami, il l’a pourtant dénoncé. C’est à cause de lui que Baruch a été condamné pour espionnage et envoyé au goulag. Quinze ans de torture.
Mais Vladimir n’est que l’ombre de celui qu’il était. Si Baruch a réussi à quitter l’URSS pour devenir ce politicien charismatique, héros d’Israël, Vladimir, lui, a été exilé à Yalta, où il n’a fait que survivre, souvent payé en bouteilles de vodka.
Et pourtant, Baruch n’a-t-il pas trahi lui aussi ? Parce qu’il a fermement manifesté son désaccord quant au démantèlement des colonies, sa liaison adultère avec une femme de trente ans sa cadette a été révélée.
Qui mérite l’estime et qui mérite l’opprobre ?
​Le pardon est-il seulement possible ?

Le roman se situe en Crimée, à Yalta, alors que Baruch revient avec sa maîtresse redécouvrir les lieux qu’il avait visité enfant avec ses parents. Mais il découvre que son hôte n’est autre que le traitre qui l’a dénoncé il y a bien longtemps et à cause duquel il a croupi pendant des années en prison. Entre les préjugés les deux personnages se racontent leur vie depuis cette dénonciation pour tenter peut-être d’obtenir le pardon.

Le récit avec comme toile de fond la religion juive, l’Israël, et la pénitence, l’auteur nous délivre ici un texte pudique, disséminant au goutte à goutte les histoires personnelles, liées à l’histoire avec un grand H, entre le désir de devenir un homme connu, célèbre pour ses pensées, ses actes, et les bassesses humaines.

L’écriture est fluide, sans accroc, nous menant tout le long dans la tête d’un homme compliqué, fidèle à ses positions morales, mais qui est un homme soumis à la tentation. Nous suivons cette attente du pardon, pour les deux, de la personne qu’ils ont trahi chacun de leur côté.

L’agacement de cet auto-apitoiement sur la question de la terre juive, au détriment d’autres peuples, d’autres gens d’une autre religion, aura rendu cette lecture mitigée, avec de l’autre côté l’envie de continuer parce que le texte est finement ciselé, parce que la vie est fidèle à elle-même, surprenante. Le thème de la terre pour chacun est indéniablement matérialiste, au titre qu’elle est inaliénable de notre condition à la naissance est même honteux. Alors comment, dans ces conditions, donner le pardon à l’impardonnable.

Un roman qui pousse à la réflexion, qui agace, énerve. Un récit prenant, nous transportant dans un univers différent, avec des gens aux aspirations qui vont bien au-delà de leur propre personne, quoique…

Je remercie Lecteurs.com et Belfond pour ce partenariat.

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Les délaissés – Richard Van Camp

delaissesFort Simmer, Territoires du Nord-Ouest, Canada. Nouvelle année scolaire et nouveaux enjeux pour Larry, seize ans, un Indien dogrib. Il devient le meilleur ami de Johnny, turbulent, grande gueule, détesté ; et il fond devant Juliet Hope, la plus belle fille du lycée qui lui préfère… Johnny. Quel avenir pour cette relation triangulaire, rythmée par le heavy metal, l’alcool et la fumette

Mais Larry n’a hélas pas que des amis : il se fait souvent tabasser par les Blancs. Certes son talent de conteur lui est d’un grand secours, mais quelle est cette histoire d’incendie, d’enfant brûlé et de brutalités qu’il aime raconter ? Réalité ou fiction ? Souvenirs ou hallucinations ? Pourquoi Larry entretient-il des rapports si tendus avec sa mère ? Et que s’est-il passé avec son père ?

Un roman où la rage de vivre l’emporte sur la violence des événements.

Un roman où la réconciliation, avec soi-même et les autres, s’associe aux rêves d’une vie meilleure.

Avant de commencer ce billet, je tiens à remercier BoB et les éditions Gaïa pour ce partenariat.

L’auteur nous délivre un personnage en quête d’amour et de stabilité dans son univers violent par le manque d’attache, la drogue, l’alcool et le sexe. On comprend facilement que dans une petite ville comme Fort Simmer, où il n’y a rien à faire et où le seul avenir est de finir dans le bar du coin comme tout bon poivrot qui se respecte, que les jeunes s’ennuient, s’enivrent, se consument.

Larry est arrivé ici après avoir subi des événements choquants, marquants et violents. Mais que s’est-il passé réellement ? On aimerait le savoir, on attend jusqu’à la fin pour que nous soit dévoilé ce terrible secret égrené au fil des pages. On le devine, est ce bien la vérité ou le rêve d’un adolescent ? Beaucoup de questions qui ne trouvent malheureusement pas de réponses.

L’auteur nous prend par son écriture dans ses filets, on ressemble à cette jeunesse désabusée. Les personnages sont très attachants, et l’on a même de la compassion pour cette Juliet, cette belle jeune fille qui s’offre à tous les garçons, à en perdre son âme.

Un roman un peu court sur des jeunes enfoncés dans la pauvreté et tout ce qu’elle comporte, mais avec l’ambition de s’en sortir. Une belle histoire…

Je remercie BoB et Gaïa.

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